Le Mouvement Réformateur a lancé sa tournée des vœux 2026 à La Louvière, au cœur du Hainaut, rassemblant élus, militants, entrepreneurs et citoyens autour d’un même cap : réindustrialiser, remettre le travail au centre et assumer des réformes courageuses pour sortir durablement les anciens bassins industriels de l’immobilisme. Entre le plaidoyer d’Adrien Dolimont pour “faire triompher l’information”, l’appel de Roland Duchâtelet à réconcilier industrie et fiscalité intelligente, et les interpellations très concrètes des PME locales, le congrès a donné le ton d’une année où le MR veut conjuguer vérité des chiffres, soutien à l’initiative et exigence de résultats.
Le discours du président Georges-Louis Bouchez a donné la colonne vertébrale politique de cette matinée, en liant défense de la liberté d’expression, souveraineté énergétique et industrielle, limitation du chômage dans le temps, baisse des dépenses publiques, fermeté en matière de sécurité et fierté d’être belge.
Retrouvez son discours ci-dessous
Bonjour à toutes et à tous,
Tout d’abord, je voudrais remercier nos équipes qui ont organisé cet événement et vous tous pour être présents. Parce qu’en fait, pour le Mouvement Réformateur, se déplacer aujourd’hui à Bruxelles et en Wallonie, c’est devenu compliqué.
C’est devenu compliqué parce qu’on a une poignée de personnes qui se sont autoproclamées « antifa » ou tenants de « la ligne du bien », qui considèrent que le débat public ne se fait plus avec les mots mais avec la violence. Et donc, sur l’ensemble de nos événements, nous devons déplorer la mobilisation des forces de l’ordre, non pas à notre demande – je le précise, et j’aimerais d’ailleurs que nos amis de la presse le précisent aussi – car je suis très surpris de lire progressivement une inversion de la responsabilité, comme si nous étions responsables des attaques matérielles et physiques dont nous faisons l’objet.
Alors bien évidemment, il est toujours possible de s’opposer. La Belgique est une terre de débats, une terre libérale justement. Mais à aucun moment il ne doit devenir acceptable ou normal que des comités d’accueil violents soient au rendez-vous de nos différents événements, que l’on nous menace ou que l’on nous demande de changer de lieu. Cela voudrait dire qu’aujourd’hui, quand on est libéral en Belgique, il y aurait des quartiers qui nous sont interdits ? Est-ce que des démocrates peuvent accepter cela ? Est-ce qu’aujourd’hui mes collègues présidents de partis démocrates ne devraient pas se lever ? Parce qu’aujourd’hui, c’est le MR. Mais demain, ce seront d’autres.
Nous ne devons jamais renoncer, en tant que libéraux, à cette liberté de se déplacer, de penser, de parler, de proposer.
Alors, aujourd’hui, il était normalement prévu un comité d’accueil. J’ai vu que finalement, nous étions tranquilles. Deux possibilités : soit ils pleurent leur ami Maduro, ce qui est toujours possible ; soit ils attendront le dégel pour faire la révolution.
Mais pour le reste, je vais vous dire un immense merci. Parce que malgré ces menaces, vous n’avez jamais été aussi nombreux sur nos événements. Vous n’avez jamais été aussi nombreux comme membres du Mouvement Réformateur. Il faut remonter à 15 ans pour retrouver autant de membres. Vous n’avez jamais été aussi nombreux à vous mobiliser.
Alors, pour cela, je voudrais débuter l’année par un seul mot : merci.
Je parlais de liberté d’expression à préserver. Cette liberté d’expression nous paraît naturelle, tellement naturelle que certains, finalement, ne se rendent pas compte à quel point elle est précieuse. Mais je ne voudrais pas aller plus loin dans mon discours sans évoquer un pays et une situation : celle de l’Iran.
Celle où l’on peut voir le vrai courage, le courage de ces manifestants qui font face à une vingtaine de motards du régime prêts à les frapper. Le vrai courage, c’est celui de ces femmes et de ces hommes qui sont prêts à payer de leur vie l’établissement d’un projet libéral.
Alors, nous, les libéraux, nous devons toujours être aux côtés de ces femmes et de ces hommes, partout dans le monde, qui se battent pour la liberté, qui se battent pour l’égalité, qui se battent pour la possibilité d’avoir des projets politiques concurrents qui s’affrontent. Car oui, Mesdames et Messieurs, le clivage est le moteur de la démocratie. Ce n’est pas le problème, c’est la solution.
Ce clivage doit bien évidemment rester dans le cadre du débat. Il doit rester sur la force des arguments. Mais ce clivage n’existe pas dans un pays comme l’Iran. Aujourd’hui, en Iran, soit vous suivez le régime, soit vous mourez. Et le pire, c’est qu’une nouvelle fois, dans notre pays, cette situation passe presque en dessous des radars des médias traditionnels.
Alors oui, Mesdames et Messieurs, je voulais aujourd’hui mettre en avant ces femmes et ces hommes. Parce que, je le disais, le vrai courage, c’est celui-là. Parce qu’ils savent que ces valeurs sont plus importantes que leur propre vie.
Alors, Mesdames et Messieurs, je vous demande vraiment de les applaudir, de ne pas les oublier et surtout de faire connaître leur combat, de les soutenir, et de soutenir tous les mouvements libéraux à travers le monde.
Ce courage doit être le fil conducteur de notre action politique.
Ce courage, c’est ce qui manque aujourd’hui à l’Union européenne. Elle a préféré le confort des postures au courage d’affronter la dureté de la réalité. L’Europe ne peut pas dire qu’elle défend ses valeurs tant qu’elle ne défend pas sa souveraineté.
Et l’actualité internationale nous le rappelle encore plus. Je ne vais pas m’appesantir pour savoir si nous vivons des précédents inédits, je ne le crois pas. Les précédents ont existé il y a de nombreuses années : que ce soit des interventions militaires unilatérales, comme en Irak, que ce soit des enlèvements, que ce soit des déstabilisations gouvernementales, cela a toujours existé.
La vraie question, c’est qu’aujourd’hui, qu’on le veuille ou non, c’est le monde dans lequel nous vivons. Et nous ne pouvons pas être sincères dans notre volonté de défendre nos valeurs si nous ne sommes pas pleinement engagés à défendre notre souveraineté.
C’est la raison pour laquelle je me suis battu pour le nucléaire en Belgique. Ce débat était présenté comme un combat politique. Il va bien au-delà. C’est un enjeu civilisationnel, c’est un enjeu de souveraineté, parce qu’aujourd’hui, si l’Europe est sincère dans la défense de ses valeurs, elle doit retrouver une autonomie militaire. Elle doit retrouver une autonomie énergétique. Elle doit retrouver une autonomie industrielle.
Pour retrouver ces autonomies, nous devrons lutter contre les « 3 S » : pas Superman, mais la super fiscalité, les super réglementations et le socialisme.
Cette idée selon laquelle nous pourrions partager la richesse avant de l’avoir créée. Cette idée selon laquelle, en créant de plus en plus de règles, nous allons aider au progrès. Cette idée selon laquelle, en taxant de plus en plus, nous allons créer plus de bien-être.
Ce modèle a montré son échec.
Nous devons bien évidemment préserver la solidarité. Nous devons bien évidemment réguler. Nous devons bien évidemment partager. Mais nous devons aussi revenir à l’essence de ce qui permet cela : l’industrie, l’économie, l’investissement.
Nous devons recréer cette richesse avant de la partager. Aujourd’hui, nous partageons la dette, c’est-à-dire que nous faisons peser sur nos enfants le coût de notre vie.
Si vous avez des enfants, posez-vous la question suivante : est-ce que vous auriez l’idée d’aller au restaurant ce soir, de commander du champagne, du homard et du caviar, puis de téléphoner à votre fils ou votre fille pour lui dire qu’il faudrait passer au restaurant pour payer l’addition ?
Est-ce qu’il y en a un dans la salle qui trouverait que ce serait un bon comportement ?
Pourtant, c’est ce que nous faisons. C’est ce que nous faisons tous les jours en vivant comme nous vivons, c’est-à-dire en empruntant pour payer des salaires dans la fonction publique, pour payer des subsides, pour payer du confort.
Je me refuse à cela.
Bien évidemment, ce serait beaucoup plus facile, pour notre trajectoire politique personnelle, de ne pas parler de cela. De prendre tout ce qu’on peut tant qu’il en reste. Et après moi les mouches ? Ce n’est pas notre conception de la politique.
Si on s’engage en politique, ce n’est pas pour les prochaines élections. C’est pour les prochaines générations.
Et nous ne serons dignes de notre mandat que si nous avons le courage d’agir pour les prochaines générations.
Alors, l’Europe, ce n’est pas une entité extérieure. L’Europe, c’est nous. L’Europe commence par les réformes que nous allons établir en Belgique.
Et aujourd’hui, nous célébrons la mise en œuvre d’une réforme majeure dont on ne mesure pas encore les impacts : c’est la limitation du chômage dans le temps.
Alors, je vois bien, de ci de là, quelques grands experts et intellectuels autoproclamés nous expliquer que ce serait la fin du monde.
Mais le chômage à vie était tellement une bonne idée qu’aucun pays au monde ne nous a copiés. Même Jean-Luc Mélenchon, l’ami de Maduro, ne propose pas cela. Mais le Parti socialiste wallon, lui, défendait cette idée.
Mieux, il disait que le chômage à vie n’existe pas. C’est le boulanger de Charleroi qui dit cela quand il est face au boucher de Mons en débat.
Il me disait : « Mais Monsieur le Boucher, vous mentez. Moi, je suis bourgmestre de Charleroi, je vois des gens tous les jours qui veulent un travail. »
Je lui disais : « Oui, Monsieur Magnette, c’est vrai. Mais moi, à Mons, je vois des gens tous les jours qui ne cherchent plus de travail. Parce qu’ils pensent que la solidarité est un Mister Cash. »
Alors, cette limitation à deux ans du chômage, c’est plus qu’une économie budgétaire. C’est une réforme culturelle.
C’est un changement de mentalité. C’est envoyer un signal clair : la solidarité, ça va dans les deux sens. On doit pouvoir recevoir quand on a un accident de la vie. Mais on doit pouvoir donner, contribuer, quand on en a la capacité, même si cette capacité est restreinte.
L’État, ce n’est personne d’autre que chacune et chacun d’entre nous.
Alors oui, ce chômage limité dans le temps, qui a été mis en place extrêmement rapidement par le cabinet, par les équipes et par David Clarinval, c’est un changement majeur.
Parce que c’est le premier pas qui va pouvoir redresser des régions comme celle de La Louvière.
Regardez, amis journalistes présente, si vous vous inquiétez de l’impact de cette limitation du chômage dans le temps, ce que ce chômage illimité a créé.
Allez dans ces quartiers où l’inactivité est devenue le seul horizon. Allez dans ces rues où les enfants ne pensent même plus pouvoir changer de classe sociale, de conditions ou de métier.
Allez voir les conséquences.
Je peux vous dire une chose : cette réforme n’est que la première de beaucoup d’autres. Cette réforme est essentielle, elle envoie un signal : le travail revient au cœur de la société.
L’autre enjeu sera de mieux récompenser ce travail, et donc de baisser l’impôt. Mais il n’y aura pas de baisse d’impôt si l’on ne diminue pas la dépense publique, et j’y reviendrai.
La solution de la gauche est tout autre. Elle est de nous dire qu’il faut taxer les « épaules les plus larges ».
C’est vrai, on doit taxer les épaules les plus larges.
J’en sens quelques-uns qui commencent à transpirer. Rassurez-vous.
Parce que pour aller voir les épaules les plus larges, je me suis mis à la sortie d’une salle de sport. Et j’ai regardé les messieurs et les dames qui avaient de grosses épaules.
Quelle n’a pas été ma surprise de voir un monsieur en t-shirt rouge avec de grosses épaules, ainsi qu’une madame en t-shirt vert.
Alors je me suis renseigné sur ces gens. Et vous savez qui c’était ?
Les mutuelles.
Plus de 6 milliards d’euros de patrimoine.
Les voilà, les épaules les plus larges !
Ce n’est pas le petit entrepreneur qui a peut-être gagné assez pour avoir un deuxième, un troisième appartement, voire – ô sacrilège – quelques actions.
Non, 6 milliards de patrimoine, ça, ce sont les épaules de Stallone. Ça, ce sont les grosses épaules.
Et vous savez la meilleure ? Parce que je me suis renseigné.
Ces mutuelles ont éludé, sur les quatre dernières années, 400 millions d’euros d’impôts.
Alors, je n’ai pas voulu le croire. Je me suis dit : ce n’est pas possible, Monsieur Labille, un homme de gauche, a forcément plus de vertus que les autres. Il a une supériorité morale : c’est un homme bien.
Moi, je n’ai pas ces qualités…
Donc je me suis dit : il ne doit certainement pas chercher le profit à ce point.
Eh bien figurez-vous que j’ai découvert que, pour les mêmes services qu’une assurance privée, par exemple DKV, les mutuelles ne paient pas d’impôts des sociétés.
Les socialistes se sont arrangés pour que, dans la loi, il soit indiqué clairement que les mutuelles ne paient pas d’impôt des sociétés.
400 millions d’euros qui échappent à l’État sur quatre années.
Mais il y a mieux.
Sous la Vivaldi, la gauche a mis en place une taxe sur les grandes ASBL, par exemple la Fondation Damien, les Petites Sœurs des Pauvres, donc les ASBL qui ont plus d’un demi-million d’euros de patrimoine.
Je me suis dit que les mutuelles y étaient soumises.
Eh bien non.
Figurez-vous qu’il y a un petit mot dans le texte pour dire que cela ne s’applique pas aux mutuelles.
Mais alors, comment ces gens ont-ils la décence d’aller expliquer que les entreprises devraient payer plus ?
Comment ces gens ont-ils le courage d’aller expliquer qu’ils travaillent pour la solidarité ?
C’est quand même fou.
C’est quand même fou, la solidarité qui ne s’applique pas à eux-mêmes.
Et donc j’ai compris une chose.
C’est que la solidarité, pour la gauche, ce n’est pas défendre les plus faibles. C’est, comme disait Brassens, « les copains d’abord ».
C’est défendre les copains.
Les impôts ne sont pas les mêmes pour les copains.
Alors, je ne vais pas être trop long sur les syndicats, mais je peux vous dire qu’il y a quelques pépites du même genre.
Aujourd’hui, le Mouvement Réformateur fait une proposition très concrète : soumettre les mutuelles aux mêmes impôts que les autres.
Tout simplement. Rien de plus, rien de moins.
Cela nous permettra d’économiser au minimum 165 millions d’euros chaque année.
Et nous proposons cela non pas pour faire une économie budgétaire, mais pour aller dans le sens de la solidarité : diminuer de moitié l’impôt des travailleurs lors de leur première année de travail, pour faire en sorte que les gens qui entrent sur le marché du travail puissent démarrer dans la vie avec un capital plus élevé.
S’ils sont sincères dans leur démarche, ils accepteront de se soumettre aux mêmes impôts que les autres et ils accepteront surtout que cet impôt permette à des femmes et des hommes de se lancer dans la vie.
Car, je le disais, nous devons baisser l’impôt.
Mais il n’y a pas une personne dans cette salle qui pourrait sincèrement défendre cette idée si, dans le même temps, on ne défend pas la réduction des dépenses publiques.
Notre pays a trop de dépenses publiques.
Il y a trop de politiques. Il y a trop de structures. Il y a trop d’administrations.
Et donc, vous pouvez expliquer ce que vous voulez dans vos communes, en disant que c’est la faute du fédéral, que c’est la faute de la région. Ce n’est pas vrai.
Dans les communes aussi, il y a un travail qui peut être fait.
Mais il est vrai qu’au niveau fédéral et au niveau des régions, il y a un travail colossal à accomplir.
Et aujourd’hui, si on continue à avoir le même volume de dépenses publiques, vu l’inflation et l’indexation, vous ne ferez qu’augmenter la dépense publique année après année et donc vous serez tous contraints d’augmenter les impôts.
Alors aujourd’hui, je vous demande, en tant que libéraux, quel que soit votre niveau de pouvoir, de ne plus recourir à cette solution de facilité.
Je me suis engagé sur le « zéro impôt nouveau ». C’est avec cela que les gens nous ont fait confiance.
Et il ne suffit pas de dire que ce sont les autres qui vont payer, que c’est la faute du fédéral, que c’est la faute de la région. Non.
On est tous responsables du niveau que l’on gère.
Je sais que les niveaux locaux sont compliqués, mais je sais aussi que cette réduction des dépenses publiques peut se faire avec des mesures extrêmement simples.
Et je vous demande à tous de regarder simplement du côté des Pays-Bas.
Je n’ai pas pris un pays en retard de développement : c’est un des pays les plus riches du monde. C’est le pays qui a le plus haut niveau de pension en Europe. C’est un des pays qui a le plus haut niveau de revenu par habitant.
Et vous savez ce qui se passe aux Pays-Bas ?
Ils ont fusionné les communes.
Aux Pays-Bas, il y a un seul gouvernement. Il y a des provinces, mais avec des compétences réduites. Ils ont réduit les structures publiques.
C’est le chemin que nous devons suivre.
C’est pourquoi Adrien Dolimont et nos ministres au sein du gouvernement wallon ont avancé sur la suppression du niveau politique des provinces.
Et je veux rassurer les fonctionnaires qui rendent des services à la population : cela ne vous impactera pas.
L’enseignant du réseau provincial continuera à être enseignant. Nous avons besoin de lui.
Mais a-t-il pour autant besoin d’un député provincial au-dessus de sa tête ?
A-t-il besoin de tant de conseillers provinciaux ? Je ne le crois pas.
Est-ce que nous pouvons un jour regarder en face la fusion entre les communes et les CPAS ?
Parce que, oui, le directeur général peut être commun aux deux.
Parce que, oui, le directeur du personnel doit être commun aux deux.
Parce que, oui, le système informatique n’a pas de raison d’être différent.
Parce que, oui, il y a énormément d’économies d’échelle.
Mais j’irai encore un cran plus loin.
Nous devons mettre sur la table la fusion des communes pour faire en sorte que toutes les communes en Wallonie aient au moins 15 000 habitants.
L’économie pour la Région wallonne serait de 160 millions d’euros chaque année.
Et j’ai pris un chiffre modeste : 15 000 habitants. Ce n’est pas New York.
Je ne vous demande pas de vivre dans des communes déshumanisées. Cela reste un chiffre raisonnable, accessible.
Et je vous le dis parce que l’exemple doit venir de nous : nous serons le parti le plus touché par cette réforme.
Parce qu’aujourd’hui, nous sommes le parti qui compte 107 bourgmestres, soit deux fois plus que notre plus proche poursuivant.
Et donc, si on fait la fusion des communes, celui qui perdra le plus de bourgmestres, c’est le MR.
Mais est-ce qu’on est là pour avoir des mandats ou est-ce qu’on est là pour rendre service aux gens ?
Est-ce qu’on est là pour rendre l’argent aux gens ou est-ce qu’on est là pour occuper des fonctions ?
Aujourd’hui, je pense que notre choix est clair.
Je lancerai une initiative au sein du MR, avec nos différents bourgmestres, pour déjà montrer l’exemple.
Pour que nous puissions être à la base de fusions de communes qui permettront de faire des économies.
Nous devrons également avancer sur la réduction globale du nombre de mandats politiques.
Nous devons diminuer de 20 à 30% le nombre de mandataires dans notre pays.
Nous devons faire en sorte que l’appareil d’État soit plus efficace et donc évaluer toutes les politiques publiques.
Alors je le sais, certains se diront : « Il me souhaite une fameuse bonne année, parce qu’il est en train de m’expliquer que mon mandat disparaît… »
Mais pourquoi fait-on de la politique ?
On fait de la politique pour changer les choses.
Et moi, la seule chose qui m’importe en 2029, c’est que l’on puisse tous se regarder dans la glace et se dire que nos enfants nous diront un jour merci.
Alors pensez-y, et surtout, nous devons impérativement avancer sur ces réformes en Wallonie et à Bruxelles.
Nous devrons aussi – et c’est notre autre priorité – travailler sur la sécurité, puisque j’évoquais Bruxelles.
Combien de temps allons-nous encore accepter les images que nous avons pu voir dans la commune de Monsieur Laaouej après un match de football ?
Il y a un truc que je n’ai jamais compris – pourtant je suis supporter de foot : quand ils perdent, ils cassent, mais quand ils gagnent, ils cassent aussi.
Alors est-ce que la différence, c’est le type de casse ? Peut-être qu’ils ne cassent pas les mêmes choses…
Est-ce qu’on va encore accepter que des feux d’artifice soient utilisés contre des forces de police ?
Je voudrais profiter de l’occasion – je sais que Bernard est parmi nous – pour remercier une nouvelle fois les forces de police qui sont présentes ici, ainsi que l’ensemble des forces de sécurité de notre pays, parce qu’aujourd’hui, elles ne sont pas assez respectées et il faut changer cela.
Au risque de faire frémir certains, je l’affirme ici : le casseur doit devenir le payeur.
Il n’est plus question que les impôts des gens servent à réparer des abribus tout neufs qui viennent d’être détruits par des écervelés.
L’illégal doit être renvoyé.
Parce que notre pays est une terre d’accueil, mais avec des règles.
Aujourd’hui, près de 80% des arrestations à Bruxelles concernent des personnes en situation irrégulière, qui sont de la vraie chair à canon pour les organisations mafieuses, pour le trafic de drogue, parce que l’État semble complètement désemparé.
Nous devons tarir et fermer les routes de l’immigration illégale.
Nous devons renvoyer les plus de 120 000 personnes qui sont en situation irrégulière.
Nous devons surtout faire purger, dans leur pays d’origine, les peines de prison des 43% de détenus aujourd’hui en Belgique qui ne sont pas de nationalité belge.
La solidarité doit aller vers les femmes et les hommes qui respectent la loi, qui respectent les règles, qui respectent notre pays.
Pas vers celles et ceux qui sont venus commettre des actes de délinquance.
Et je le dis clairement aux collègues du gouvernement : nous en faisons notre première priorité.
Il ne sera plus question de pouvoir raconter n’importe quoi, de se chercher des excuses.
Rien ne peut expliquer que la Belgique compte deux fois plus de détenus non nationaux que la moyenne des pays européens.
Rien ne peut expliquer non plus qu’il y ait de telles montées de populisme, de racisme, d’extrémisme, tout cela parce qu’une poignée de gens donne une mauvaise image des milliers de nos concitoyens qui sont venus pour travailler, pour s’insérer, pour faire vivre et développer la Belgique.
Alors oui, nous serons humains, nous serons justes, mais le temps de la fermeté et de la sanction doit revenir.
À ce titre, nous allons également proposer de renforcer les conditions pour l’obtention de la nationalité belge.
Aujourd’hui, dans notre pays, il est possible de devenir belge en ayant raté son parcours d’intégration.
Aujourd’hui, les parquets considèrent ne plus être en mesure de vérifier les conditions qui permettent l’obtention de la nationalité belge.
Et je veux vous le dire, même si je sais que ce n’est pas l’habitude dans notre pays : j’aimerais que l’on retrouve la fierté d’être belge.
Parce que notre pays est extraordinaire.
Parce que notre pays n’est pas du tout petit.
Notre pays compte.
Notre pays, à l’étranger, est souvent beaucoup mieux estimé que ce que nous, nous pouvons croire.
Et ce n’est pas le diplomate Bernard Quintin qui me démentira.
Notre pays, c’est une terre de progrès. C’est une terre libérale.
C’est une terre de savoir, c’est une terre de connaissance.
Alors oui, nous voulons renforcer les conditions pour obtenir la nationalité belge.
Parce qu’obtenir la nationalité belge, ce n’est pas un droit : c’est un honneur.
La nationalité belge, ça se mérite.
La nationalité belge, c’est ce qui nous unit et c’est ce qui doit nous unir autour de valeurs.
Alors oui, notre message est universel.
Oui, notre pays accueillera toutes les personnes de bonne volonté.
Mais oui, notre pays devra être respecté par chacune et chacun.
Alors, j’ai évoqué la situation à Bruxelles.
À Bruxelles, vous avez vu qu’ils veulent faire une coalition anti-Bouchez.
Cela fait 21 ans qu’ils font une coalition anti-MR, mais là ils se sont dits : « On va changer, on va l’appeler la coalition anti-Bouchez. »
C’est une fameuse coalition, hein !
C’est la coalition Good Move.
C’est la coalition de la mobilité immobile.
C’est la coalition de la faillite.
Bruxelles, chaque année, perd des milliers de personnes issues de la classe moyenne, qui décident d’aller vivre à l’extérieur.
C’est la coalition de la malpropreté.
C’est la coalition de l’insécurité.
Alors je vais vous dire : je suis fier que ce soit une coalition anti-Bouchez.
Je suis fier parce qu’une coalition avec le MR, c’est une coalition où l’on réforme.
C’est une coalition où l’on n’a pas peur des changements.
C’est une coalition où l’on regarde en face la dureté de la réalité.
Alors Bruxelles a plus que jamais besoin de nous.
Et donc, tant qu’ils discutent, nous, nous allons continuer à travailler.
Je vous annonce dès aujourd’hui que nous allons déposer au Parlement bruxellois toutes les propositions qui étaient contenues dans les notes élaborées par David Leisterh et votre serviteur.
Parce que ce travail a été sérieux.
Ce travail a été fait avec tous nos collaborateurs.
Ce travail a été fait avec les administrations.
Et moi, je n’accepte pas que des gens qui ne respectent pas le résultat électoral et qui ont décidé, en dépit de ce résultat, de s’asseoir sur leur siège de ministre après avoir été considérablement sanctionnés par les électeurs, salissent notre travail.
Je ne dis pas cela pour moi.
Moi, j’ai l’habitude.
D’ailleurs, j’essaie de ne plus lire la presse, je vous l’ai déjà dit.
Si je croyais ce qu’il y a dans le journal, je ne voterais plus pour moi.
Je dis cela pour nos équipes.
Parce que le MR à Bruxelles, c’est 20 députés.
C’est plusieurs dizaines de collaborateurs.
C’est des gens au siège du parti qui ont travaillé pour Bruxelles, qui ont porté le débat dans les quartiers, qui ont été partout pour convaincre les gens.
Et ces gens, ils ont envoyé un signal : ils ont dit « Ce qu’on veut, c’est le MR ».
Eh bien maintenant, on va faire tomber les masques.
On va déposer les textes au Parlement sur Good Move.
On va déposer les textes sur la propreté.
On va déposer des textes sur la sécurité.
On va déposer des textes sur le chômage, sur le redéploiement économique, sur la baisse de la fiscalité.
Et on va voir qui sera au rendez-vous.
On va voir qui votera, qui aime vraiment Bruxelles.
Mais je vous le dis, Mesdames et Messieurs, quoi qu’il arrive : ne vous découragez pas.
Ne vous excusez pas.
N’ayez pas peur.
Ce que nous sommes en train de faire, c’est ce que les citoyens attendent : c’est le changement, ce sont les réformes.
Les gens ont voté pour cela.
On ne doit pas s’excuser en disant : « Ah, je suis désolé, je n’avais pas le choix de prendre cette décision… »
Les décisions que nous prenons sont des décisions justes.
Ce sont des décisions que nous avons défendues pendant la campagne électorale.
Qui n’avait pas entendu que nous voulions limiter le chômage dans le temps ?
Qui n’avait pas entendu que nous voulions diminuer la dépense publique ?
Qui n’avait pas conscience que nous voulions renforcer la sécurité, lutter contre l’immigration illégale ?
Qui n’avait pas entendu que nous voulions remettre l’industrie au cœur de notre activité économique ?
Alors oui, Mesdames et Messieurs, le combat politique, c’est dur.
C’est très dur.
Mais j’ai un message à vous faire passer.
Un grand parti ne se construit pas dans l’euphorie des soirées électorales victorieuses.
Il se construit dans la dureté quotidienne des réformes.
Un grand parti ne se construit pas avec les sourires des prestations de serment.
Il se construit dans le compagnonnage quotidien.
Dans ce travail commun, parce que nous croyons en un projet de société et que ce projet de société est nécessaire à la Belgique.
Et si vous en doutez, lisez les journaux : même le boulanger de Charleroi ne veut plus revenir sur la réforme du chômage.
Mais alors, j’ai une question : pourquoi manifestent-ils ?
Aujourd’hui, ils sont en train de manifester alors qu’ils ne reviendront sur aucune de nos réformes.
Ils ne changeront pas les règles en matière de pension.
Ils ne changeront pas les règles en matière de chômage.
Ils ne changeront pas les règles en matière de sécurité.
Ils ne changeront pas les réformes en matière de travail.
Et pourquoi ne les changeront-ils pas ?
Parce que ce sont les seules réformes qui sont utiles pour le pays.
Parce que ces réformes sont inéluctables.
Et surtout parce qu’ils n’ont pas d’autre solution.
Alors, Paul et Raoul, j’ai un message pour vous.
Cessez de bloquer le pays.
Cessez de faire perdre des dizaines de millions d’euros à chaque jour de grève à l’économie, et donc aux travailleuses et aux travailleurs de notre pays.
Soyez utiles.
Constatez l’échec de la gauche.
Constatez l’échec à Charleroi, à Liège, à La Louvière, à Mons, dans tous les anciens bassins industriels dominés par la gauche.
Et soyez modestes.
Profitez de cette période pour réfléchir à vos échecs.
Et revenez – pas trop tôt, mais au moins au moment des élections – dans le débat avec, peut-être, des idées, des alternatives.
Mais invectiver le MR ou invectiver ma personne ne fera jamais un projet de société.
Un projet de société, ce sont des idées.
C’est un idéal.
C’est un chemin.
Et ce chemin n’est pas toujours simple.
Je vous le dis, Mesdames et Messieurs : tous les jours ne seront pas faciles.
Mais nous aurons la satisfaction majeure de pouvoir œuvrer dans l’intérêt de notre pays.
Alors, en 2026, je vous souhaite d’être heureux.
D’être courageux.
Et plus que jamais, d’être fiers d’être des libéraux !

