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À Liège, le Président du MR Georges-Louis Bouchez a conclu la soirée des vœux en assumant pleinement son choix de maintenir les événements au Palais des Congrès malgré les menaces et les tentatives d’intimidation. Il a dénoncé l’attitude de groupuscules d’extrême gauche qui se prétendent « antifascistes » tout en brûlant son effigie où ceux qui se revendiquent du camp du bien reprennent en réalité les procédés des régimes qu’ils prétendent combattre. Le MR n’a pas à se cacher ni à changer de lieu sous la pression : renoncer serait déjà céder sur des libertés fondamentales que les libéraux ont contribué à consacrer dans l’une des constitutions les plus progressistes au monde.

Le président du MR a également pointé l’absence de solidarité d’une partie de la classe politique et médiatique face à ces atteintes à la démocratie, en rappelant que ce qui vise aujourd’hui le MR pourrait demain cibler d’autres partis ou simples libres penseurs. Il a défendu avec force l’idée que, dans une démocratie libérale, chacun doit pouvoir se réunir, débattre et exprimer ses idées en sécurité, sans jamais payer son engagement politique par la violence ou les dégradations. Il a aussi rejeté l’argument selon lequel le MR devrait assumer le coût des dispositifs de sécurité, estimant que cette facture doit revenir à ceux qui refusent le débat pacifique et choisissent la confrontation violente.

Limitation du chômage dans le temps, réforme des mutuelles, rationalisation des structures publiques, retour du nucléaire, maîtrise de la dette, défense de la souveraineté européenne et d’une politique migratoire ferme mais juste. Selon lui, si la contestation est si virulente, c’est précisément parce que ces réformes touchent à des tabous et à des rentes de situation, mais elles sont indispensables pour garantir un système social soutenable, une économie compétitive et une Europe capable de défendre ses valeurs sans dépendre des États-Unis pour sa sécurité, de la Russie ou du monde arabe pour son énergie, et de la Chine pour son industrie.

Le président du MR a également insisté sur la « révolution culturelle » que représente la fin du chômage illimité, non pour « faire mal », mais pour sortir de l’inactivité de masse qui a détruit des quartiers entiers et enfermé des familles sur plusieurs générations dans une forme de fatalisme social. Il a répété que ces réformes sont justes, nécessaires et inévitables, et qu’aucun de leurs opposants ne prendra la responsabilité de les annuler. Il a aussi dénoncé l’hypocrisie d’un système où certaines structures, comme les grandes mutuelles, accumulent des patrimoines considérables tout en bénéficiant d’exemptions fiscales, et appelé à rétablir un principe simple : l’égalité devant l’impôt.

Enfin, Georges-Louis Bouchez a rappelé que la Belgique doit rester une terre d’accueil et d’intégration, mais qu’elle doit aussi être respectée, ce qui suppose de lutter fermement contre l’immigration illégale, de renvoyer chez eux les délinquants étrangers et de durcir les conditions d’accès à la nationalité belge, qu’il décrit comme un honneur plutôt qu’un simple droit. Aux militants, il a lancé un triple appel pour 2026 : être heureux, être courageux et rester fiers d’être libéraux, en continuant à aller sur le terrain, à expliquer les réformes et à défendre, par le débat et les idées, un projet de société qui mise sur la liberté, la responsabilité et la souveraineté.

 

Lisez l’entièreté du discours de Georges-Louis Bouchez à Liège

Bonne année à toutes et tous,

C’est toujours chaud à Liège. On a plus de chance que l’ambiance soit chaude à Liège plutôt que d’avoir le Standard dans les six premières positions. Et je ne rappellerai pas non plus que le Royal Francs Borains a battu le RFC Liège il y a 1 mois…

Dans les vidéos projetées, il y avait un petit jeu : il manquait 3 députées, une par arrondissement. Est-ce que vous les avez identifiées ? Est-ce que vous étiez bien éveillés pendant les vidéos ? Et les trois concernées ne peuvent bien évidemment pas prendre la parole. Alors je vous demande vraiment d’applaudir Christine Mauel, Caroline Cassart et Valérie Bluge.

Je le disais, à chaque fois qu’on vient à Liège, on a désormais droit à un comité d’accueil. Je viens d’ailleurs de dire dans la presse que, manifestement, ils ont écrit « Bouchez au bûcher ». C’est pas mal. Je ne sais pas, il faudra que Charles Gardier m’explique combien ça fait en termes de rimes. Mais par contre, ils ont également mis le feu à une effigie qui est censée me représenter. Et figurez-vous que ces gens sont des antifascistes.

Donc ces gens disent : « Nous, nous représentons la démocratie. Nous représentons le camp du bien. » Mais ils se permettent de brûler l’effigie d’un opposant politique. Je ne sais pas si ça vous fait le même effet qu’à moi, mais je trouve qu’il y a un peu une inversion des rôles. C’est un peu particulier quand les antifascistes reprennent les procédés des fascistes, quand ceux qui disent défendre la démocratie empêchent le débat public.

Ce qui me choque beaucoup plus, c’est qu’on nous demande systématiquement de changer de lieu. Alors vous allez me dire : mais le MR n’a pas changé de lieu parce que Bouchez a un sacré caractère. Ça, c’est vrai. Si vous voulez obtenir quelque chose de moi, il ne faut surtout pas me le demander. Conseil pour les prochains castings ministériels…

Mais plus sérieusement, pourquoi refusons-nous d’y aller ? Pourquoi refusons-nous de changer d’endroit ? Pour une raison très simple : si nous entrons dans cette logique, nous, les libéraux, nous renonçons à des libertés fondamentales.

Et l’absence de solidarité des autres formations politiques démocratiques, l’absence d’indignation dans une partie, et je dis bien une partie seulement, mais une partie quand même, de la presse est inacceptable. Parce qu’ils pensent aujourd’hui que ça ne concerne que le Mouvement Réformateur. Mais demain, ce sera Les Engagés. Et puis, plus tard, peut‑être des modérés au PS. Et puis, encore après, simplement des libres penseurs.

Alors, Mesdames et Messieurs, jamais nous n’allons nous déplacer. Parce qu’en Belgique, dans cet État progressiste bâti par les libéraux, dans cette démocratie libérale où nous avons l’une des constitutions les plus progressistes de la planète, dans ce pays, tout le monde peut aller partout.

Dans ce pays, tout le monde a le droit à la sécurité. Dans ce pays, tout le monde a le droit de défendre ses opinions. C’est le combat des libéraux. En étant présents ici ce soir, vous liez les actes à la parole.

Alors pour ça, un grand merci. Mais surtout, pour l’avenir : restons vigilants. Parce que ces libertés fondamentales, nous les pensons acquises à jamais, et il n’y a rien de plus fragile. L’actualité internationale le démontre chaque jour.

Je vais vous dire : il y a les femmes et les hommes politiques qui aiment bien les postures. Ils aiment bien envoyer des tweets de condamnation. Ils aiment bien les mots crus. Moi, je préfère les actes.

Et l’acte de ne pas renoncer face à des militants violents, l’acte de pouvoir porter des idées même si elles déplaisent, c’est l’acte que nous posons, et qu’à travers nous posent des milliers de citoyens qui nous ont fait confiance.

Alors pour ça, Mesdames et Messieurs, merci, et surtout : n’abandonnez jamais !

Sur la raison de cette violence, j’entends deux autres arguments avancer. Le premier, c’est que ce serait de notre faute. Ce serait de notre faute, imaginez… Nous n’avons pas le bon goût d’être de gauche. Pire, nous osons nous attaquer à des tabous : la place des syndicats, non pas la liberté syndicale, mais le rôle qu’on leur a donné dans les structures de l’État sans aucune élection.

Nous osons, et j’y reviendrai, nous attaquer aux trésors de guerre des mutuelles. Nous osons nous poser la question de savoir si l’ensemble de l’argent envoyé dans l’associatif l’est à bon escient. Non pas que nous n’aimons pas l’associatif, au contraire, mais nous n’aimons pas son instrumentalisation partisane.

Et parce que nous osons nous attaquer à ces tabous, en fait, on mériterait ce sort‑là. Vous savez, c’est un peu comme dire que vous ne devriez peut‑être pas vous balader avec une trop belle voiture dans certains quartiers, ou que certaines femmes ne devraient pas s’habiller de certaines manières dans certains lieux. C’est exactement la même indignité d’argument.

Toutes nos propositions sont démocratiques. Toutes nos propositions sont dans le cadre de la loi. Toutes nos propositions visent l’intérêt général. Et donc non, on ne va pas se taire. Et non, personne ne mérite ce traitement.

À ce titre, une élue liégeoise a elle‑même été agressée. Le Mouvement Réformateur a immédiatement tenu à faire savoir sa solidarité et son soutien. Parce que les propos que je tiens aujourd’hui ne se limitent pas à notre formation politique : tous les démocrates – et je vais même aller plus loin, ceux qui ne le sont pas – ont droit à la sécurité.

Personne ne doit payer, par des atteintes physiques ou matérielles, un positionnement politique.

Le deuxième argument, c’est celui qui dit que nous devrions payer le déploiement de force qui est présent ce soir. C’est exactement la même logique : l’inversion des responsabilités. Nous sommes menacés, les autorités communales décident d’un déploiement policier, et nous serions à la fois responsables de ce déploiement.

Mesdames et Messieurs, ne rentrez jamais dans ces logiques. Qui devrait payer cette facture ? Cette facture devrait être payée par les 400 antifas. C’est eux qui ne sont pas capables de venir dans nos réunions pour débattre calmement. C’est eux qui ne sont pas capables de nous interpeller à l’entrée pacifiquement.

Et il est évident que si ces personnes demandaient à pouvoir me rencontrer, je le ferais. Je défendrais nos propositions. Je défendrais nos réformes. Nous n’avons ni utilité, ni besoin, ni légitimité à employer la violence.

La violence est peut‑être nécessaire pour les combattants de la liberté dans des régimes dictatoriaux, dans des régimes totalitaires. C’est tout l’inverse de ce qu’est la Belgique. Tout l’inverse.

Vraiment, continuez à militer. Soyez fiers de cet engagement. Et surtout, soyez debout. Parce que dès que vous mettrez un genou à terre, c’est la démocratie qui perdra.

Nous, les libéraux, nous sommes les défenseurs contre l’extrême gauche et contre l’extrême droite. Parce que de vrais démocrates ne craignent pas le débat. De vrais démocrates ne craignent pas le changement. Et surtout, de vrais démocrates acceptent les idées des autres, même s’ils les combattent.

Mais si nous les combattons, nous les combattons avec la force de l’argument. Nous les combattons avec la force du débat. Nous les combattons par l’intelligence et par les mots, et non par la violence !

Alors oui, nous faisons énormément de réformes. Mais ces réformes, elles sont indispensables. Je pourrais évoquer la question budgétaire, parce qu’aujourd’hui, on ne répartit pas la richesse, on répartit la dette.

Figurez‑vous qu’une grande partie de notre bien‑être est uniquement payée par de la dette. C’est comme si vous alliez manger au restaurant et qu’à la fin du repas, vous avez pris de bonnes moules‑frites de Liège, vous téléphoniez à votre fils ou à votre fille en lui disant qu’il faudrait passer au restaurant pour payer l’addition.

C’est exactement comme ça que nous vivons. Chaque enfant aujourd’hui en Belgique naît avec une dette de 50 à 60 000 €. 50 à 60 000 € que nos enfants vont devoir gagner, en plus de devoir assurer leur propre existence et la solidarité de leur génération.

Est‑ce que, en tant que parents, en tant que grands‑parents, voire, je vous le souhaite, arrière‑grands‑parents, vous accepteriez d’aller voir vos enfants, petits‑enfants ou arrière‑petits‑enfants pour leur expliquer qu’en réalité ils devront payer la facture qu’on va leur laisser ?

C’est irresponsable. C’est la raison pour laquelle le Mouvement Réformateur ne s’engage pas pour la prochaine élection, il y aura le temps de la campagne, mais pour les prochaines générations.

Nous nous engageons pour garantir que nos enfants puissent encore avoir un système social. Et je le revendique : le parti le plus social, ce n’est pas celui qui vide les caisses jusqu’au dernier centime. Le parti le plus social, c’est celui qui garantit que les caisses seront encore remplies pour les prochaines décennies.

Le vrai parti social, ce n’est pas celui qui dit aux gens qu’ils doivent rester sur leur chaise et attendre de l’argent magique. Le vrai parti social, c’est celui qui explique aux gens que l’État, c’est chacune et chacun d’entre nous ; qu’on doit tous contribuer à la hauteur de nos capacités ; qu’on doit tous pouvoir recevoir au moment où on a un accident, mais que personne ne peut accepter, s’il peut contribuer, que son voisin le fasse à sa place.

Le vrai parti social, Mesdames et Messieurs, le vrai parti des travailleuses et des travailleurs, c’est le Mouvement Réformateur !

Il y a bien sûr l’enjeu budgétaire, mais ça va bien plus loin : il y a l’enjeu de la souveraineté. La souveraineté de notre pays, mais surtout la souveraineté européenne.

La souveraineté, c’est quoi ? C’est la capacité de pouvoir défendre ses valeurs dans n’importe quelle circonstance. Or, aujourd’hui, quelle est la position de l’Europe ?

L’Europe, ce n’est pas compliqué : l’Europe trouve que les États‑Unis ont choisi un mauvais président. L’Europe trouve que les pays arabes ne respectent pas les libertés fondamentales. L’Europe trouve que la Russie est un danger. Et l’Europe considère que la Chine est potentiellement une énigme et une menace.

L’Europe a raison. Le problème, c’est que l’Europe est dépendante des États‑Unis pour sa sécurité. L’Europe est dépendante des pays arabes et de la Russie pour son énergie. Et l’Europe est dépendante de la Chine pour son industrie.

C’est ça, la sincérité : au lieu de faire des tweets, il faut avoir les leviers d’action pour que notre projet libéral, pour que nos valeurs démocratiques puissent rayonner sur l’ensemble de la planète.

Mais il est évident que vous êtes beaucoup moins crédibles, beaucoup moins sérieux, si vous espérez donner des leçons au président des États‑Unis alors que votre plus grande crainte, c’est qu’il décide, du jour au lendemain, de se retirer d’Ukraine.

Il est beaucoup plus difficile d’expliquer aux pays arabes que l’égalité entre les hommes et les femmes est pour nous une valeur essentielle si, en réponse, ils peuvent couper l’arrivée de pétrole ou de gaz. Vous devez savoir qu’encore aujourd’hui, en dépit de tout ce qu’on vous a raconté, 40% du gaz liquéfié qui arrive en Europe par le port de Zeebruges est un gaz russe.

Il est beaucoup plus difficile d’expliquer aux Chinois qu’ils devraient respecter les droits sociaux, qu’ils devraient arrêter de nous espionner, d’aspirer nos brevets, de représenter une menace potentielle pour notre sécurité, alors que l’ensemble des produits que vous consommez quotidiennement sont fabriqués en Chine.

Que l’ensemble des produits électroniques, qui sont partout dans le monde – dans vos voitures, dans vos téléphones, dans vos micros, dans vos machines à laver, dans vos télévisions – sont construits à base de terres rares qui sont quasi exclusivement exploitées aujourd’hui par la Chine.

Alors oui, Mesdames et Messieurs, il faut avoir du courage, parce que ce qui nous a amenés dans cette situation, c’est la lâcheté. On a voulu sauver la planète – c’est évidemment un enjeu essentiel.

Mais si, pour sauver la planète, nous n’avons plus d’industrie, plus de capacité à exploiter des matières premières, quel est le sens ?

Nous avons voulu nous montrer beaucoup plus vertueux que les autres en matière énergétique. Les Verts nous ont fait croire – d’ailleurs, ce sont les copains de ceux qui sont dehors – qu’avec un peu de vent et de soleil, on allait combler tous nos besoins énergétiques. C’était une fable.

Nous l’avons démontré. Nous nous sommes battus avec l’ensemble des collègues du Mouvement Réformateur. Et c’est Mathieu Bihet qui a réussi à faire voter ce texte, et le mot est bien choisi : un texte historique pour la Belgique.

Parce que c’est un texte qui permet de garantir un avenir énergétique. C’est Mathieu Bihet qui a mis fin à cette hérésie de vouloir sortir du nucléaire. Parce que le nucléaire nous donne cette autonomie énergétique dont nous avons besoin.

Alors, Mathieu, merci. Vous pouvez être fiers, Liégeoises et Liégeois, de compter un ministre qui a fait voter un texte dont on parlera encore pendant de très longues années. Bravo, Mathieu !

Cette souveraineté demandera d’abandonner le confort des postures et d’affronter la dureté de la réalité. Elle demandera du réalisme, du courage, de la volonté politique. Mais si nous voulons que l’Europe soit encore une terre de savoir, une terre de bien‑être, une terre de solidarité et une terre de liberté, il ne nous reste que quelques années.

Et oui, l’Europe, ce ne sont pas les autres. L’Europe, c’est nous.

Les premières réformes partent de la Belgique. Des réformes, bien évidemment, pour faire en sorte que le chômage soit limité dans le temps. Pourquoi ? Pas pour faire mal.

Je voudrais m’adresser à quelques représentants de la presse dans la salle. Je suis assez heurté de voir des articles qui, chaque jour, attendaient presque impatiemment, alimentés par une opposition avide de drame, avide de situations germinales , de montrer que nous serions des personnes inhumaines.

On attendait des files dans les CPAS. On attendait des heures et des heures d’attente. Finalement, aujourd’hui, les choses sont prises en main, et ça se passe en douceur. Et je le répète : cette mesure n’a pas été prise pour faire mal aux gens.

Car il ne faut pas se tromper : ce qui fait mal, c’est l’inactivité.

On peut, dans la province de Liège, citer de nombreuses communes où le taux d’emploi est inférieur à 50% pour les personnes en âge de travailler. Allez voir ces quartiers. Allez voir ce que le chômage a créé comme détresse et misère sociale.

Parce qu’une inactivité prolongée a fait en sorte que, parfois, sur deux ou trois générations, on n’a même plus l’idée de travailler, on n’a même plus l’idée de prendre sa vie en main.

Alors je vous le dis, Mesdames et Messieurs : la réforme du chômage à deux ans, ce n’est pas une réforme budgétaire. C’est une réforme qui est une vraie révolution culturelle. C’est une réforme qui dit une chose majeure, qui était au cœur de notre campagne électorale : avec le MR, le travail est au cœur de la société !

Je voudrais faire passer un autre message aux personnes qui sont dehors, qui manifestent. Je voudrais quand même leur faire savoir – parce qu’elles ne se sont peut‑être pas informées, ou seulement en lisant les tracts du PTB, et là, on n’a pas l’information la plus objective – qu’en fait, leur meilleur allié, le boulanger de Charleroi, a dit qu’on n’allait pas revenir sur le chômage limité dans le temps.

Et cette interview m’a beaucoup frappé. Parce que quand le boulanger de Charleroi était face au boucher de Mons, il n’arrêtait pas de dire que le chômage illimité, ça n’existait pas, que lui, à Charleroi, il ne voyait que des gens qui travaillaient.

Moi, je lui disais : mais ce n’est pas vrai. Parce que moi, à Mons, je vois des gens qui ont envie de travailler, qui ont un accident de la vie et qui doivent mieux être accompagnés. Mais j’en vois aussi d’autres qui ne sont pas très malheureux de leur situation, qui parfois travaillent au noir et oublient de le dire à l’État. Mais ça, ça n’existait pas…

Et pourtant, j’ouvre le journal pendant les fêtes de Noël – ils pensaient peut‑être à moi, ils pensent à moi tous les jours – et je vois : « Le chômage illimité ne reviendra jamais. »

Ça, c’est le message essentiel à retenir.

Si vous doutez de nos réformes, si vous avez peur, et c’est légitime, il n’y a pas de honte à douter, il n’y a pas de honte à avoir peur, tous les jours je me pose la question, tous les jours je me demande si ce que nous faisons est juste –, dites‑vous une chose : jamais ils ne remettront en cause la moindre de nos réformes.

Parce que ces réformes, elles sont justes. Ces réformes, elles sont nécessaires. Ces réformes, elles sont inévitables.

Alors j’ai un message pour Paul et Raoul : il fait froid. Ça ne sert à rien de rester dehors. Qu’ils arrêtent de bloquer le pays. Qu’ils se mettent enfin en marche, qu’ils défendent leurs projets, qu’ils attendent les prochaines élections.

Et d’ici là, qu’ils réfléchissent à la misère sociale qu’a créée la gauche en Wallonie. Qu’ils réfléchissent à leur bilan dans les anciennes communes ouvrières. Qu’ils réfléchissent à l’état de Liège, de Charleroi, de La Louvière, de Mons. Et peut‑être qu’ils nous reviendront avec un projet de société.

Parce que faire du anti-bouchez, ça permet peut‑être de faire du clic sur Facebook, ça permet certainement de remplir des pages de journaux, mais ça ne fait pas un projet de société.

Alors, Mesdames et Messieurs, il ne faut jamais baisser la tête. Il ne faut jamais baisser la tête parce que nous, nous avons un projet de société. Nous, nous travaillons dans l’intérêt général.

Pour expliquer leur agressivité, je me suis posé beaucoup de questions. Parce que je me suis dit : finalement, perdre une élection, ce n’est pas grave, c’est le jeu démocratique. Ça arrive.

Et puis j’ai un peu analysé plus en profondeur notre État. Et j’ai vu certaines positions privilégiées. Un exemple : les mutuelles.

Est‑ce que vous savez qu’aujourd’hui, une ASBL comme “Petites Sœurs des Pauvres”, qui viennent en aide à des personnes sans abri, à des personnes âgées, paye chaque année un impôt sur son patrimoine ?

Je me suis dit : les mutuelles, acteurs de solidarité, gens de gauche, donc des gens bien, des gens vertueux, des gens avec une grandeur d’âme, des gens généreux, doivent la payer, cette taxe.

Mais j’ai découvert qu’en fait, elles ne la payaient pas. Comment ça se fait ? On l’aurait oublié ? Ah ben non, on ne l’a pas oublié. Le Parti socialiste s’était arrangé pour que, dans la loi, les mutuelles soient exonérées.

Alors, j’ai eu l’explication dans le journal : il paraît que les mutuelles ont besoin d’un fonds de réserve, parce que ce fonds de réserve leur permet de combler des trous éventuels de la caisse d’assurance maladie.

OK. Mais vous savez qu’il y a des législations qui imposent aussi aux banques d’avoir des fonds de réserve. Ça n’empêche pas de les taxer.

Et surtout : 6,4 milliards d’euros de réserve. 6,4 milliards !

Je me suis dit : c’est peut‑être du cash, de l’épargne. Mais non. En fait, ces 6,4 milliards, c’est quoi ? Ce sont des actions boursières, des obligations, des hôtels de luxe, des domaines skiables. Vous avez peut‑être été un jour faire du ski chez Solidaris…

Alors je vais vous dire une chose : je comprends pourquoi ils parlent du grand capital chaque jour. Parce que les plus grands capitalistes, ce sont eux, qui arrivent à amasser 6,4 milliards de patrimoine.

Il y a mieux : ils ont réussi à faire croire à certains qu’en taxant ce patrimoine, on allait augmenter les cotisations de nos concitoyens.

C’est partir de deux ignorances majeures. La première, c’est que ça ne dérange pas le Parti socialiste et leurs copains de gauche de taxer les entreprises et les banques sans jamais se poser la question de savoir si vos frais bancaires vont augmenter.

Parce que quand ils disent « on va taxer les banques, on va taxer les compagnies aériennes », vous n’êtes pas des clients des banques ? Vous n’êtes pas des clients des compagnies aériennes ?

La seconde, c’est que, bien sûr, le MR n’a jamais dit qu’il fallait taxer l’assurance obligatoire. On parle bien des produits d’assurance complémentaires, c’est‑à‑dire des produits pour lesquels les mutuelles sont en concurrence avec des organismes privés d’assurance, comme DKV.

Ils vendent exactement les mêmes produits. Et pendant que DKV paye plus de 100 millions d’euros d’impôts, les mutuelles payent zéro.

Est‑ce que c’est normal ?

Est‑ce que, avant de vouloir augmenter l’impôt des femmes et des hommes qui travaillent, de celles et ceux qui investissent – et j’ose le dire, de celles et ceux qui épargnent, parce que ce qu’on a été capable d’épargner, c’est qu’on a travaillé pour cela –, est‑ce qu’avant de taxer ces gens, on ne devrait pas garantir un principe majeur : celui de l’égalité devant l’impôt ?

Je dis que tout le monde doit payer le même impôt. C’est simple. C’est juste.

Mais c’est d’autant plus légitime lorsque Jean‑Pascal Labille fait le tour des médias pour expliquer que les entreprises doivent payer plus, alors qu’il dirige une structure qui ne paye pas sa juste part.

Alors, Mesdames et Messieurs, il faut cesser cette hypocrisie. Et oui, je vous le dis, s’il y a autant de violence contre les réformes, c’est parce que nous touchons à des tabous.

Nous touchons à tout ce conservatisme qui a amené la Belgique à avoir l’un des pires niveaux de dette de l’Union européenne et le plus grand déficit de l’Union européenne.

Mais dites‑vous bien une chose : les déficits d’aujourd’hui, ce sont les impôts de demain. Le déficit de l’État, c’est votre déficit, c’est notre déficit.

Alors oui, Mesdames et Messieurs, nous allons continuer. Nous allons continuer ces réformes. Nous allons faire en sorte de rendre l’argent aux citoyens. Et pour cela, on doit travailler sur deux choses : augmenter la croissance, je l’assume, mais aussi diminuer les dépenses publiques.

On dépense trop d’argent public en Belgique. On dépense plus de 330 milliards d’euros chaque année. Or, on n’a pas un enseignement qui affiche de très bons résultats ; l’état des routes n’est pas bon, et il sera certainement encore moins bon après la vague de neige ; notre justice n’est pas la plus rapide ; on souffre d’insécurité dans toute une série de quartiers ; l’administration met parfois de très nombreux mois avant de vous répondre pour le moindre permis.

On peut se poser la question : où part l’argent ?

L’argent part dans un élément très simple : l’État dépense trop pour son propre fonctionnement. On a trop de structures.

C’est la raison pour laquelle Adrien Dolimont et l’ensemble du gouvernement wallon travaillent à supprimer le niveau politique des provinces. Non pas les agents provinciaux – je voudrais les rassurer. Le professeur qui donne cours dans l’enseignement provincial va toujours rester professeur, on a besoin de lui.

Mais est‑ce que, dans un État qui a sept gouvernements, nous avons besoin, en plus de l’ensemble des communes, d’avoir des gouvernements au niveau provincial ?

C’est la raison pour laquelle nous allons également supprimer le Sénat. C’est la raison pour laquelle nous devons avancer sur la fusion entre les communes et les CPAS. C’est la raison pour laquelle nous devons remettre sur la table la question de la fusion des communes.

Et puisqu’il y a des élus dans la salle, je vous l’annonce : nous allons lancer une initiative au niveau du Mouvement Réformateur avec l’ensemble de nos élus communaux pour pouvoir avancer sur la fusion des communes.

Parce que nous devons donner l’exemple. Parce qu’on n’a pas été élus pour collectionner des mandats, mais pour servir l’intérêt général.

Aujourd’hui, on ne peut pas dire aux gens qu’on va baisser l’impôt si on ne diminue pas les dépenses publiques.

Alors oui, c’est un engagement fort. La diminution de ces dépenses publiques ne diminuera pas le niveau de bien‑être de nos concitoyens. Il y a énormément de doublons dans notre pays. Il y a énormément de choses que la technologie pourrait nous aider à faire.

Je vous donne juste un chiffre pour vous convaincre : aujourd’hui, la Belgique dépense 55% de son PIB en dépenses publiques. 55%. Les Pays‑Bas en dépensent 45%.

Est‑ce que vous avez le sentiment que les routes sont en mauvais état aux Pays‑Bas ? Que l’école y est de mauvaise qualité ? Que la justice y est trop lente ?

Leur taux d’emploi est plus élevé, leurs pensions plus élevées. Comment font‑ils ? Ils ont moins de niveaux de pouvoir, moins de communes, et un niveau provincial très réduit.

Il n’y a pas de secret : ces structures ont un coût. On doit être plus efficaces. L’efficacité, c’est dans l’ADN des réformateurs.

Alors je vous invite tous, élus du Mouvement Réformateur, à montrer l’exemple. Parce que ce qui compte en politique, ce n’est pas d’avoir des mandats, c’est de laisser une trace.

C’est de permettre à nos enfants d’être fiers de ce qu’on a fait. Et aujourd’hui, l’une des manières d’y parvenir, c’est de rendre de l’argent à celles et ceux qui travaillent, et pour cela, d’en dépenser beaucoup moins.

C’est un engagement, c’est un travail que nous allons mener tous ensemble.

Un dernier mot, sur la démocratie, pour revenir au point de départ. La démocratie, c’est énormément de choses. C’est d’abord le droit, je le disais, de s’exprimer, mais aussi de se déplacer en sécurité. C’est le respect de l’argent public et de l’État.

C’est la raison pour laquelle nous allons faire en sorte que les casseurs deviennent les payeurs. Parce qu’il n’est pas normal de voir des images, comme à Bruxelles, de gens qui, à la fin d’un match de football, détruisent des abribus tout neufs, détruisent des biens publics.

Comme il est inacceptable que, dans nos prisons, 43% des détenus ne soient pas de nationalité belge. C’est le double de la moyenne européenne.

Alors certains vont crier au fascisme et à l’extrême droite. Est‑ce que c’est de l’extrême droite que de donner un chiffre officiel et de dire qu’il doit nous interroger ?

Il doit nous interroger sur notre politique migratoire, sur notre rapport à l’immigration.

La Belgique est, et doit rester, une terre d’accueil. Nous devons être un territoire qui permet l’intégration des femmes et des hommes qui viennent dans notre pays, soit parce qu’ils fuient des conflits, soit parce qu’ils cherchent un avenir meilleur et veulent travailler.

Nous devons beaucoup mieux aider les personnes qui veulent venir en Belgique pour bâtir avec nous notre pays.

Mais nous devons être fermes, sans atermoiement, à l’égard de celles et ceux qui sont venus pour profiter du système, pour commettre des abus, pour entrer de manière illégale sur notre territoire.

C’est une communauté de droits, bien sûr, mais aussi de devoirs.

Alors, Mesdames et Messieurs, je l’ai dit et je n’ai pas peur de le dire, même si, dans ce pays, c’est un mot suspect : notre pays doit à nouveau être respecté.

C’est pourquoi nous devrons faire en sorte de durcir les conditions d’accès à la nationalité belge. Aujourd’hui, on peut rater un parcours d’intégration, ne parler aucune des langues nationales et pourtant se voir naturalisé.

Je vous le dis : être belge, ce n’est pas un droit, c’est un honneur, c’est un privilège.

Et ce privilège, on doit le réserver aux femmes et aux hommes qui aiment notre pays, quelle que soit leur religion, leur couleur de peau, leur origine.

Parce que ce qui compte, ce n’est pas d’où vous venez, ce n’est pas la religion à laquelle vous croyez, ce n’est pas votre couleur de peau. Ce qui compte, c’est le partage de valeurs.

Ce qui compte, c’est la volonté de faire avancer le pays. Ce qui compte, c’est la fierté d’être belge. Ce qui compte, c’est la volonté de contribuer à l’effort collectif.

Et puisque je parlais de démocratie, un dernier mot sur notre parti.

Un grand parti, ça ne se construit pas dans le confort des soirées électorales victorieuses. Un grand parti, ça se construit dans la dureté du quotidien.

Ça se construit quand on fait des réformes. Ça se construit quand on doit aller expliquer aux gens.

Un grand parti, ce n’est pas simplement des sourires au moment des prestations de serment. C’est du compagnonnage quotidien. C’est de la solidarité. C’est du travail.

Oui, bien sûr que ce n’est pas simple tous les jours. Mais ce que nous sommes en train de réaliser, vous devez en être fiers.

Vous devez vous dire que ce qui compte, c’est qu’en 2029, on se regarde tous dans la glace et qu’on se dise qu’on a tenu nos promesses, qu’on a rendu un avenir à notre pays, qu’on a mis en œuvre un projet libéral.

Alors, dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, neige ou pas neige, il faut retourner en campagne. Il faut retourner sur le terrain.

Parce que la campagne, ce n’est pas seulement pendant la période  électorale. La campagne, c’est tous les jours.

La conviction, c’est tous les jours. Il faut expliquer, une à une, nos réformes. Il faut aller serrer toutes les mains. Il ne faut laisser personne sur le bord du chemin.

Il n’y a pas de cas impossibles. Il n’y a pas de gens impossibles à convaincre. Il n’y a que la volonté. Alors nous devons l’avoir, cette volonté.

En 2026, je vous souhaite trois choses.

La première, c’est d’être heureux. N’oubliez jamais que c’est pour cela qu’on se lève le matin. J’espère d’ailleurs que vous êtes plus heureux ce soir qu’en vous levant. C’est à cela qu’on voit que vous avez déjà réussi votre journée.

La deuxième, c’est d’être courageux. Parce que le courage, c’est la seule chose qui permet de réaliser, la seule chose qui permet de faire la différence. Alors bien sur, le confort des mots creux : des libéraux kidibul. Ils se disent libéraux mais ils parlent comme la gauche. Très spécial. Je les vois ceux-là. Je les vois, ceux-là, la facilité de faire de la politique avec des mots creux. Vous savez, quand je suis devenu président du MR, le mot libéral était presque interdit. Et aujourd’hui, ils se revendiquent tous au libéralisme. Mais les vrais libéraux, ils sont ici. C’est eux qui ont le courage de porter ce qu’on a toujours porté et qui, aujourd’hui, le mettent en œuvre.

Et enfin, la troisième chose, c’est plus que jamais d’être fiers d’être des libéraux !