À Namur, le Président du MR Georges-Louis Bouchez a commencé par un moment plus personnel : l’anniversaire de Cécile Neven, avant de revenir à ce qui fonde le projet libéral : la liberté, ici et partout dans le monde.
Le président du MR a d’abord rendu hommage aux femmes et aux hommes qui se battent aujourd’hui en Iran pour leur dignité, leurs choix de vie, leurs opinions et leur liberté de conscience, rappelant que ce qui nous paraît « naturel » en démocratie libérale a un prix et n’est jamais définitivement acquis. Il a appelé les militants à soutenir ces combats, y compris par des gestes simples comme relayer l’information sur les réseaux, et dénoncé le manque d’écho médiatique donné à ces luttes qui, pourtant, parlent aussi de nous.
Partant de là, il a insisté sur la nécessité pour l’Union européenne de retrouver une véritable souveraineté : militaire, énergétique, industrielle et technologique. Il a rappelé l’engagement du MR pour la poursuite du nucléaire, non comme une querelle politicienne, mais comme un choix de souveraineté et de sécurité d’approvisionnement, et critiqué une Europe qui préfère parfois les postures morales à « la dureté de la réalité ».
Sur le plan intérieur, Georges-Louis Bouchez a assumé les réformes en cours, en particulier la limitation du chômage à deux ans, qu’il présente comme une révolution culturelle visant à remettre le travail au centre de la société et à tourner la page du chômage à vie et de ses ravages sociaux. Il a replacé cette réforme dans un enjeu plus large de maîtrise de la dette et de justice entre générations, rappelant que chaque enfant naît aujourd’hui avec une dette de plusieurs dizaines de milliers d’euros et que continuer à vivre à crédit revient à laisser l’addition aux plus jeunes.
Il a ensuite détaillé la double exigence qu’il défend : relancer la croissance, notamment via l’investissement dans l’intelligence artificielle et la réindustrialisation, et réduire la dépense publique en rationalisant les niveaux de pouvoir, les structures et les mandats politiques. Dans le même esprit, il a dénoncé les privilèges fiscaux des mutualités et plaidé pour qu’elles soient soumises aux mêmes règles que les autres acteurs, afin d’utiliser ces moyens pour baisser l’impôt des personnes qui entrent sur le marché du travail.
Enfin, Georges-Louis Bouchez a réaffirmé la priorité donnée à la sécurité et à une politique migratoire ferme mais juste, ainsi que sa volonté de rendre plus exigeantes les conditions d’accès à la nationalité belge, au nom du respect du pays et de l’égalité des règles pour tous. Il a conclu en invitant les militants à ne pas s’excuser d’être libéraux, à assumer les réformes sur le terrain et à aborder 2026 avec bonheur, courage et fierté.
Découvrez son discours complet ci-dessous
Bonsoir, bonsoir à toutes et à tous, merci d’être là, merci pour le ballon que je reprendrai pour mon fils, figurez-vous, puisque aujourd’hui c’est l’anniversaire de Cécile et je lui souhaite un heureux anniversaire. Je la cherche… elle est juste là-bas, au bout. Joyeux anniversaire ! Et c’est le lendemain de l’anniversaire de mon fils, donc c’est une excellente période pour avoir son anniversaire. Merci pour le ballon.
Mesdames et Messieurs, c’est vraiment un plaisir d’être parmi vous, et en plus dans ce lieu, puisque Cécile, si tu veux poursuivre et fêter ton anniversaire, il y a la boule à facettes qui est quand même l’incontournable de toutes les soirées en Wallonie, donc n’hésite pas si jamais on peut prolonger.
Je suis ravi d’être avec vous, comme je vous le disais, parce que, comme les prédécesseurs l’ont indiqué, nous sommes dans une période où nous mettons en œuvre des réformes, des réformes importantes, des réformes que notre formation politique appelle de ses vœux depuis de très nombreuses années. Mais avant d’aller plus loin, je voulais revenir sur une question qui est fondamentale, qui est celle de la liberté. La liberté pour nous, bien évidemment, mais la liberté aussi pour chacune et chacun à travers le monde.
C’est la raison pour laquelle je voulais commencer ce discours en rendant hommage aux femmes et aux hommes qui, en Iran aujourd’hui, se battent pour notre modèle libéral, pour pouvoir avoir le droit de débattre, pour avoir le droit de faire des choix de vie, des choix religieux, des choix d’opinion. Et le vrai courage, c’est celui-là, celui qui illustre cette photo où l’on voit cet homme devant des motards du régime, qui est prêt à sacrifier sa vie pour ce qui nous paraît, à nous, tellement naturel.
Le fait de pouvoir vivre dans une démocratie libérale nous paraît tellement banal, tellement acquis. Eh bien, ces combats à travers le monde doivent nous rappeler que ces libertés sont sans aucun doute nos biens les plus chers et que nous devons sans cesse les défendre. Mais si nous voulons les défendre avec conviction, nous devons les défendre pour chacune et chacun. Le projet libéral, par définition, est universel.
On ne peut pas vouloir la liberté pour soi si l’on ignore celle des autres. Alors, Mesdames et Messieurs, je vous demande vraiment de soutenir ce combat, de soutenir toutes les femmes et tous les hommes qui, à travers le monde, se battent pour leur liberté. Cela peut se faire très facilement parfois, simplement avec un message sur les réseaux, en partageant les informations, en les diffusant. Mais en tous les cas, je peux vous dire que je reste très interpellé par le fait que, dans notre pays, les médias couvrent si peu un événement comme celui-là, parce qu’il est important pour eux, mais il est aussi important pour chacune et chacun d’entre nous.
Alors, si on est sincère dans la défense de ces libertés, l’Union européenne doit être beaucoup plus occupée à préserver sa souveraineté. Car il n’y aura pas de capacité pour l’Union à défendre ses valeurs si elle n’a pas un plein engagement pour la souveraineté. Ces dernières années, l’Union européenne a souvent préféré le confort des postures à la dureté de la réalité.
Car oui, c’est très facile de condamner les propos d’un chef d’État. C’est très facile de dire que l’on s’inquiète d’une situation. C’est beaucoup plus dur de faire en sorte de garantir son autonomie sur le plan militaire, même si ce n’est pas populaire. C’est beaucoup plus dur de garantir son autonomie sur le plan industriel, même si, là aussi, ça ne fait pas que des heureux. C’est beaucoup plus dur de garantir son autonomie sur le plan énergétique.
Et ce n’est pas par distraction que le Mouvement Réformateur, avec différents membres, à commencer par votre président de fédération David Clarinval, s’est engagé pour la poursuite du nucléaire, engagement qui a pu être concrétisé par Mathieu Michel. À travers ce débat, nous n’étions pas dans une querelle politique, comme certains ont essayé de le faire croire. Nous étions au contraire dans un engagement pour la souveraineté et l’avenir de notre pays.
Car il n’est pas possible de faire la leçon au monde entier quand on est dépendant de la Chine pour l’industrie, du monde arabe et de la Russie pour l’énergie, et des États-Unis pour notre sécurité. Alors oui, nous serons véritablement sincères dans la défense de nos valeurs lorsque nous serons courageux dans les choix politiques, même si, pendant de très nombreuses années, on a voulu faire croire à nos concitoyens qu’on pouvait vivre sans industrie, qu’on pouvait vivre sans énergie ou, du moins, avec une énergie qui tombe du ciel, qu’on pouvait vivre également sans devoir investir dans notre armée.
Et ça, Mesdames et Messieurs, c’est le vrai courage politique. Oui, nous devons acheter du matériel militaire. Oui, nous devons réindustrialiser l’Europe. Oui, nous devons nous équiper en matière énergétique. Et aujourd’hui, malheureusement, le débat politique n’est pas à la hauteur. Nous passons des heures au Parlement à débattre pour savoir si le prix de la frite va augmenter de 17 ou de 12 cents.
Pendant ce temps-là, les vrais enjeux ne sont pas abordés. Or, s’ils ne sont pas abordés et pris en main, on ne parlera plus de frites dans quelques années, ni de sorties en kayak. Parce qu’à la fois notre bien-être économique sera menacé et notre capacité politique à garantir le bien-être de nos concitoyens sera totalement réduite à néant. Alors, si on veut avancer, on doit faire des réformes. Et les réformes, c’est le Mouvement Réformateur qui les porte.
Ces réformes, il y en a de nombreuses. On a réinvesti dans la défense, on s’engage pour la sécurité intérieure. Il y en a une en particulier qui est très emblématique, qui est la limitation du chômage à deux ans, portée par David Clarinval. Cette limitation nous a été présentée comme une grande catastrophe pour nos concitoyens. Mais je vais vous retourner la question : est-ce que le chômage à vie a été porteur de bien-être ?
Si vous pensez que le chômage à vie est porteur de bien-être, je vous invite à aller dans certains quartiers de la région de Charleroi, de Liège ou de Mons, d’où je viens, voir ce que l’inactivité, parfois sur plusieurs générations, a créé comme déclassement social, comme abandon de quartiers, mais aussi de personnes. Alors non, Mesdames et Messieurs, le chômage à vie n’était pas une solution. Même Jean-Luc Mélenchon, en France, ne défend pas cette idée.
La solidarité, Mesdames et Messieurs, doit aller dans les deux sens. Il faut bien évidemment que l’État soit à vos côtés lorsque vous avez un accident de la vie. Mais vous devez contribuer au bien collectif lorsque vous en avez la capacité. C’est la raison pour laquelle la limitation du chômage dans le temps est beaucoup plus qu’une mesure budgétaire. C’est une véritable révolution culturelle.
C’est une révolution qui amène l’idée selon laquelle chacune et chacun va pouvoir contribuer à la hauteur de ses capacités. C’est surtout un message fort, un message libéral. Le message qui était au cœur de notre campagne, c’est que le travail revient au centre de la société.
Alors, il y a beaucoup de manifestations. Et toutes ces manifestations, toute cette contestation suscitent du trouble, parfois jusque dans nos troupes. On doute. Mais j’ai été assez bien rassuré durant les vacances parce que j’ai lu l’interview du boulanger de Charleroi. Durant les débats, le boulanger de Charleroi expliquait au boucher de Mons qu’en fait il n’y avait pas de chômeurs, que ça n’existait pas, que c’était du populisme.
Et pourtant, quand j’ai lu les déclarations de Paul Magnette – pour ceux qui n’avaient pas compris la référence, le boucher de Mons, c’était plus évident, je pense – j’ai lu la presse et j’ai lu quoi ? J’ai découvert que Paul Magnette indiquait qu’on ne reviendrait pas sur le chômage limité dans le temps. Pourquoi manifeste-t-il alors ? Pourquoi se plaint-il ? Nous avons fait ce que lui et ses acolytes n’ont jamais eu le courage de faire.
Mais dites-vous une chose, Mesdames et Messieurs : ils manifestent, ils crient, ils tentent de nous perturber, mais ils ne changeront rien aux réformes que nous avons mises en place. Rien, dans aucun domaine. Pour une raison très simple : ces réformes sont indispensables pour l’avenir de notre pays. Elles sont indispensables si l’on veut faire en sorte que la Belgique revienne tout simplement dans la moyenne européenne.
Que la Belgique puisse à nouveau compter dans le débat. Que la Belgique puisse surtout donner un avenir à nos enfants. Parce que oui, Mesdames et Messieurs, il y a deux manières de faire de la politique. Soit ce qui vous préoccupe, ce sont les prochaines élections, soit vous êtes préoccupés par les prochaines générations. Et aujourd’hui, je peux vous dire une chose, c’est que ce que nous sommes en train de préparer aux prochaines générations, ce n’est pas très agréable.
Nous avons un déficit colossal, une dette extrêmement importante. Alors, je pourrais vous citer cela en pourcentage du PIB, mais ça n’a aucune importance. Ce que vous devez bien comprendre, c’est que chaque enfant qui naît aujourd’hui en Belgique a une dette comprise entre 50 000 et 60 000 €. Cela veut dire que si vous avez un fils, un petit-fils ou une petite-fille, ça marche aussi, cet enfant va déjà devoir gagner durant sa vie 60 000 € pour rembourser notre manière de vivre.
Puis cet enfant va devoir gagner de l’argent pour assurer sa propre survie et, en surplus, il devra payer la solidarité de sa propre génération. Ça fait beaucoup d’impôts. Alors je vais vous dire, Mesdames et Messieurs : les réformes que nous portons, nous ne devons pas en douter. Elles sont justes. Elles sont courageuses. Et elles sont surtout inéluctables.
Parce que personne parmi vous ne souhaiterait aller au restaurant, commander du homard, du champagne et du caviar, puis téléphoner au fiston ou à la petite-fille en lui disant : « Il faudrait que tu passes au restaurant pour régler la note. » Pourtant, c’est exactement ainsi que nous vivons. Nous vivons en consommant ce que nous n’avons pas créé comme richesse.
Nous ne répartissons pas la richesse, nous répartissons la dette, et donc les impôts de demain. Alors, vous me direz : c’est bien pour le constat, mais quelle est la solution ? Les solutions, il n’y en a que deux. La première, c’est d’augmenter la croissance. On doit augmenter notre richesse collective. Je sais que ce mot est un mot tabou. C’est un mot suspect. Pour certains, c’est presque un mot coupable.
La croissance nous rendrait malheureux ? La croissance, c’est ce qui nous permet, ce soir, d’être ensemble, de pouvoir échanger et, puis, après, de partager un verre. Avant la croissance, vous seriez ce soir en train d’essayer de trouver du bois pour vous chauffer, et vous passeriez les autres mois de l’année à essayer de cultiver votre potager juste pour vous nourrir.
Toute l’économie, tout notre mode de vie aujourd’hui s’appuie sur la croissance extraordinaire que nous avons eue pendant les deux siècles passés. Nous devons renouer avec la croissance. Nous devons refaire de la richesse. Nous devons nous investir dans les secteurs d’avenir, à commencer par l’intelligence artificielle. Il y a du travail.
Vous devez savoir qu’aujourd’hui, 5% des investissements mondiaux en intelligence artificielle se font en Europe, 52% aux États-Unis, 40% en Chine. La solution est très simple : si nous n’augmentons pas nos investissements dans ce qui sera sans aucun doute la plus grande révolution industrielle de l’Histoire, nous serons vassalisés, soit par la Chine, soit par les États-Unis, soit par les deux.
Parce qu’avoir une autonomie économique, c’est avoir la capacité de porter un projet de société. Et donc, vous savez, Mesdames et Messieurs, je fais parfois l’objet – très rarement – de quelques polémiques. Certains se croient malins en caricaturant les choses. Mais, quel que soit le risque, je considère que faire de la politique, ce n’est pas utiliser de beaux mots, c’est dire la vérité aux gens. Et la vérité aujourd’hui, c’est qu’on va devoir se retrousser les manches.
Qu’on va devoir remettre des industries. Qu’on va devoir réinvestir dans la technologie. Et, dans le même temps, nous allons également devoir réduire les dépenses publiques, et j’y reviendrai. Alors la gauche, elle, a une solution toute facile : elle vous dit qu’il faut taxer les épaules les plus larges. Ils ont raison. Ils ont raison. La question est de savoir qui sont les épaules les plus larges.
Alors je me suis un peu renseigné. Je suis allé voir parmi les groupements en Belgique qui étaient vraiment les gens costauds, les Sylvester Stallone de la Belgique. Et j’ai eu une fameuse surprise. J’ai découvert que les mutuelles avaient 6 milliards d’euros de patrimoine. Ça, ce sont des épaules larges.
Deuxième élément : pour la gauche, l’« épaule large », c’est souvent la personne qui a réussi à avoir un deuxième, un troisième appartement. Non, non, ici on ne parle pas de petits appartements. On parle de plus de 6 milliards d’euros de patrimoine. Patrimoine privé. Alors, si vous ne me croyez pas, parce que j’ai lu dans la presse ces derniers jours qu’il s’agissait d’un fonds de réserve – c’est le fonds de réserve pour, vous comprenez, pouvoir payer vos soins de santé – déjà, mettez votre cœur à l’aise : vos soins de santé ne sont pas payés grâce aux mutuelles.
Ils sont payés grâce à vos cotisations sociales prélevées par l’État, et c’est l’État qui vous rembourse. Mais l’État passe par un véhicule : les mutuelles. Vestiges d’un temps ancien. Aucun pays dans le monde ne fonctionne comme ça. Aucun. En France, vos soins de santé sont remboursés, il n’y a pas de mutuelles, certainement pas de mutuelles politisées : c’est l’État qui vous rembourse.
En Belgique, vous pouvez le faire aussi. C’est peut-être une révélation pour certains d’entre vous, mais vous n’êtes pas obligés d’avoir une mutuelle. Vous pouvez aller à la CAAMI, ça se passe très bien. Ces mutuelles, aujourd’hui, n’ont pas un fonds de réserve, elles ont un patrimoine de plus de 6 milliards à travers des domaines skiables, des actions en bourse, des obligations, des hôtels. Il y a d’ailleurs un hôtel dans la région de Dinant qui appartient à la mutualité socialiste, très bel hôtel qui organise des réunions de voitures de luxe et qui n’était pas en grève le jour des grèves, on a vérifié.
Alors, comment peut-on expliquer qu’une grande ASBL, comme par exemple les Pauvres Sœurs, paie un impôt sur le patrimoine de cette structure de 0,45% chaque année et que les mutuelles en sont exonérées ? Je ne comprends pas. Mais je me suis dit : ça doit être un oubli.
Alors j’ai creusé un peu plus loin. Et je me suis rendu compte que les mutuelles vendaient des produits d’assurance comme les assurances privées : des assurances hospitalisation complémentaires. Et là, j’ai eu quand même une surprise colossale. Sur la même période, DKV a payé plus de 100 millions d’euros d’impôts. Et vous savez combien ont payé les mutuelles ? Zéro.
Je me suis dit : ce n’est pas possible, ce n’est pas possible ! Pas quelqu’un comme Jean-Pascal Labille, pas un homme de gauche, un homme qui va sur les plateaux radio, télévision, expliquer que les patrons gagnent trop, alors qu’il gagne plus mais qu’il ne veut pas que ça se sache ; pas lui, qui dit que les entreprises doivent contribuer, un homme de solidarité, quand même, un homme avec de hautes valeurs morales, c’est un homme de gauche… Eh bien figurez-vous que si.
Et à côté de ça, ces mêmes structures demandent des subsides pour organiser, par exemple, un festival de musique à Namur. Est-ce qu’à un moment on peut arrêter de se moquer des gens ? Alors je connais la réponse. La réponse, elle est très facile : « C’est du populisme. » J’ai déjà lu ça. Vous savez ce qu’est le populisme ? Le populisme, c’est faire croire aux gens ce qui n’est pas. Or, tout ce que je viens de vous indiquer, ce sont des faits. Ce sont des faits vérifiables.
Mais pourquoi une telle agressivité ? L’agressivité, elle est très simple. Les gens sont en général très agressifs quand on parle d’argent et surtout quand on parle de leur argent. Et ici, en Belgique, on a un modèle entre les syndicats et les mutuelles qui est un modèle économique extrêmement rentable et qui est un modèle politique qui donne beaucoup d’influence à des gens qui n’ont jamais été élus par personne.
Alors oui, Mesdames et Messieurs, je l’assume, au risque de quelques polémiques, mais j’assume le fait de toucher aux grands tabous de ce pays. Il n’est pas normal que les mutuelles puissent éluder 400 millions d’euros d’impôts sur les quatre dernières années. Il n’est pas normal que les mutuelles ne paient pas les mêmes impôts que les structures qui sont soumises exactement aux mêmes règles. Il n’est pas normal que l’égalité devant l’impôt, qui est prônée par la gauche, ne soit pas respectée par ces mêmes structures.
Alors notre proposition est très simple : aligner les niveaux de fiscalité des mutuelles au même niveau que les structures identiques, non pas pour faire une économie budgétaire, mais pour baisser l’impôt, pour baisser l’impôt des personnes qui commencent un emploi, leur permettre, la première année d’emploi, de payer la moitié des impôts qu’elles auraient dû payer.
Pourquoi ? Pour donner un incitant à travailler, pour permettre à ces mutuelles de joindre les actes à la parole, de poser un acte de véritable solidarité, un acte d’intérêt général. Alors oui, Mesdames et Messieurs, le Mouvement Réformateur va avancer dans cette direction, en dépit de toutes les attaques, en dépit de toutes les critiques, parce qu’il y a un élément qui est fondamental : c’est la justice, c’est le respect des règles, c’est un principe d’égalité et c’est le fait que chacun doit participer à la solidarité.
Je vous parlais de réduction des dépenses publiques : on doit aller beaucoup plus loin. Il y a trop de politiques en Belgique, on est trop nombreux, il y a trop de structures, on doit réduire. On a décidé, au niveau wallon, de supprimer le niveau politique des provinces. Que les agents provinciaux ne s’inquiètent pas : bien évidemment, l’enseignant qui enseigne dans le réseau provincial continuera à être enseignant, on a besoin de lui.
La vraie question, c’est : est-ce que lui a besoin de conseillers provinciaux, de députés provinciaux, en plus des autres structures politiques déjà existantes ? Je n’en suis pas certain. Et à ce titre, je voudrais en particulier, dans cette province, remercier Sabine et Mélanie, parce qu’elles font partie des élues provinciales qui se sont déjà engagées dans cette réforme, qui veulent faire en sorte que l’ensemble des moyens utilisés aujourd’hui pour des structures publiques soient rendus aux citoyens. Et je pense qu’on peut les applaudir bien fort.
Parce qu’elles n’ont pas le syndrome que l’on retrouve parfois, qui est le syndrome de Stockholm, où, quand on est membre d’une institution, on estime qu’on doit à tout prix faire en sorte que cette institution survive, malgré les évolutions de la société.
On doit également travailler sur les provinces au niveau des intercommunales. Je sais qu’à Namur un travail a déjà été fait. Il reste énormément à faire en Hainaut, à Liège et dans d’autres endroits de notre pays. Nous devons aussi aborder la question et avancer sur la fusion entre les communes et les CPAS, et travailler également à un regroupement de communes.
C’est la raison pour laquelle j’ai lancé une initiative au sein du Mouvement Réformateur, avec nos élus communaux, pour travailler à ces questions, pour pouvoir avancer ensemble avec un objectif : diminuer le coût de l’État pour qu’on puisse rendre l’argent aux citoyens. Parce que nous ne serions pas sincères, nous ne serions pas crédibles si on continuait à dire aux gens qu’on va baisser leurs impôts si on ne baisse pas le coût de l’État.
C’est un mensonge. On ne peut pas continuer à dépenser chaque année de plus en plus pour les structures publiques et dire aux gens qu’on va moins prélever. Si on veut moins prélever, on doit moins dépenser. Et c’est possible. C’est possible grâce à une autre organisation politique. C’est possible grâce aux nouvelles technologies. C’est possible aussi en remettant en cause des vestiges du passé qui n’ont pas de raison d’être. C’est un engagement fort.
Et j’attends vraiment, Mesdames et Messieurs, de chaque élu du Mouvement Réformateur qu’il s’engage dans cette direction. Parce qu’on ne fait pas de la politique pour des mandats, on fait de la politique pour remplir notre tâche, pour honorer nos engagements, pour se montrer dignes de la confiance que nous ont donnée nos concitoyens.
Je vais vous dire une chose : la chose la plus importante, ce n’est pas d’accumuler des titres, c’est la trace qu’on garde, c’est la trace qu’on va laisser. C’est de pouvoir se dire qu’on a réalisé quelque chose qui marque le cours et l’histoire de notre pays. C’est l’idée de se dire qu’on a pu mettre en œuvre notre programme, ce qui, durant de nombreuses années, n’a pas été possible.
Alors ne craignez rien, mais surtout soyez pleinement mobilisés sur cet engagement. C’est ce que nos concitoyens attendent de chacune et chacun d’entre nous.
Alors je ne serai pas plus long. Je vous dirai simplement un dernier mot par rapport à la sécurité. Notre formation politique a fait de la sécurité une priorité, parce qu’aujourd’hui on le voit, que ce soit au niveau international ou au niveau intérieur, la sécurité est menacée.
Notre propre formation politique a besoin de grands déploiements de sécurité pour aller dans certains endroits du pays. C’est anormal. Il y a aujourd’hui des gens qui ont peur de fréquenter certains quartiers, certaines rues. On voit autour de nos gares, de certains bâtiments publics, des niveaux de délabrement, des niveaux de mendicité, de vagabondage, que l’on n’avait plus connus dans le passé.
Alors oui, Mesdames et Messieurs, nous nous engageons à renforcer cette sécurité. Nous nous engageons à faire en sorte que le casseur devienne le payeur. Vous avez certainement constaté, durant les fêtes, les événements qui ont marqué la vie bruxelloise, vous savez, dans la commune de Monsieur Laaouej, celui qui va nous expliquer comment il va redresser Bruxelles après l’avoir mise en faillite.
J’ai toujours été très impressionné par ces gens qui étaient en échec total, mais qui expliquaient que maintenant ils allaient faire mieux. Très impressionnant. Peut-être que ça fait sourire. En tous les cas, on ne peut plus accepter de voir des dégradations de biens publics, des atteintes à nos policiers, sans que celles-ci soient sanctionnées.
Nous devons aussi faire en sorte que les personnes en situation illégale, et en particulier les personnes qui aujourd’hui sont en prison parce qu’elles ont été condamnées pour des crimes ou des délits de droit commun, soient renvoyées dans leur pays d’origine. La Belgique est une terre d’accueil, et elle doit continuer à l’être. La Belgique doit être une terre d’intégration, mais la Belgique doit être respectée.
Il n’y a pas de raison pour que nous continuions à accepter sur notre territoire des personnes qui sont en situation illégale, ou pire, que dans nos prisons soient présents 43% de détenus qui ne sont pas de nationalité belge. Ça coûte 240 millions d’euros chaque année à nos concitoyens.
Alors oui, la Belgique doit être accueillante pour les femmes et les hommes qui veulent s’y investir, qui veulent y travailler, qui veulent bâtir ensemble un avenir. Mais nous devons être fermes et déterminés à l’égard de celles et ceux qui sont venus profiter ou porter atteinte à notre sécurité et à notre bien-être.
Alors, Mesdames et Messieurs, à ce titre, nous devons aussi faire en sorte que la nationalité belge soit plus difficile à acquérir. Aujourd’hui, il est possible d’obtenir la nationalité belge en ayant raté son parcours d’intégration. Quel est le sens d’avoir un parcours d’intégration si celui-ci n’est pas contrôlé au moment d’obtenir la nationalité ?
Alors certains – et je les entends déjà – nous diront : « C’est du populisme, c’est de l’extrémisme. » Mais est-ce que ce n’est pas tout simplement de la justice ? Est-ce qu’à un moment donné, vouloir faire en sorte que les mêmes règles s’appliquent à chacun, ce n’est pas le bon sens qui doit conduire notre action ?
Est-ce qu’au contraire nous ne sommes pas les plus grands remparts contre les extrémistes, contre les populistes, en faisant en sorte que notre population n’aille pas se jeter dans les bras des extrémistes de gauche ou de droite ? Est-ce que notre devoir, ce n’est pas de répondre aux problèmes réels plutôt que de tenter de les cacher avec des mots agréables mais qui ne correspondent pas à la réalité ?
Alors oui, nous serons peut-être attaqués, mais nous devons le faire. Nous devons le faire, car c’est dans l’intérêt de chacune et chacun.
À ce titre, je voulais conclure en vous disant une chose beaucoup plus personnelle, celle relative à notre engagement commun. Quand je suis devenu président du Mouvement Réformateur en 2019, le mot « libéral » était devenu un mot tabou. D’ailleurs, on ne le portait plus dans notre nom « Mouvement Réformateur ». Et puis j’ai dit : mais non, il faut dire qu’on est des libéraux.
On a d’ailleurs le fameux hashtag #FierDesLibéraux. Et maintenant je vois qu’il y a plein de gens qui se revendiquent du libéralisme. C’est devenu la nouvelle mode. Je ne vais pas les citer, vous les connaissez. Mais ils sont tous devenus des libéraux. C’est quand même extraordinaire.
Mais, je vais vous dire, on doit s’en réjouir. On doit s’en réjouir. Ça veut dire que notre projet est porteur. Ça veut dire que les gens adhèrent à nos valeurs. Et on peut bien évidemment toujours être imités, mais nous ne serons jamais égalés, soyez-en certains, parce que nous, nous savons ce que c’est, le libéralisme.
Alors, dans les prochains mois, vous verrez encore beaucoup d’attaques, beaucoup de caricatures, beaucoup de questionnements et vous ne devez pas douter. Vous ne devez pas vous excuser. Vous ne devez pas avoir peur. Nous devons être chaque jour en campagne, non pas pour se faire rire, mais pour convaincre, pour convaincre du bien-fondé de nos réformes, pour expliquer, pour être au contact, pour bien faire comprendre que nous travaillons pour les femmes et les hommes qui, chaque jour, se lèvent pour bâtir notre pays.
Que nous travaillons pour donner un avenir à nos enfants. Que nous travaillons pour garantir la sécurité de notre pays. Que nous travaillons pour assurer la souveraineté de l’Union européenne.
Alors, Mesdames et Messieurs, dites-vous une chose : il n’y a que celui qui ne fait rien qui n’a pas de problème. Il n’y a que celui qui ne dit rien qui n’a pas d’ennemis. Alors peut-être qu’on aura quelques ennemis, quelques adversaires, mais on aura une satisfaction immense en 2029 : celle d’avoir durablement réformé la Belgique.
Et ça, c’est la quintessence de l’engagement politique.
Alors, en 2026, soyez heureux, et ça, c’est le plus grand souhait que je peux vous faire en tant qu’individu. N’oubliez jamais qu’on se lève le matin quand même pour être heureux, et plus heureux le soir encore que quand on s’est levé le matin. Soyez courageux, parce que le courage, c’est une denrée rare, mais pourtant c’est le seul carburant qui permet de faire des choses dans la vie. Et surtout, et plus que jamais, soyez fiers d’être des libéraux.
Alors, juste un dernier mot à vous dire : vu que c’est son anniversaire, c’est Cécile qui invite, mais le bar est ouvert et à volonté.
Santé et bonne année !

