Le gouvernement fédéral a trouvé un accord dans le dossier de la réforme des pensions. Comme le souhaitait le MR, les personnes qui travaillent seront mieux récompensées que celles qui ne travaillent pas.

Désormais, pour pouvoir accéder à la pension minimum, il faudra justifier 20 ans de carrière effective, à minimum 4/5etemps (250 jours par an). Une période transitoire est prévue puisque ce régime s’appliquera aux personnes qui auront 55 ans en 2024. L’exigence principale du MR est ici rencontrée. En effet, le PS souhaitait placer la limite à 10 ans de carrière, ce qui était inacceptable pour les libéraux. Une personne qui a travaillé toute sa vie doit en effet bénéficier d’une pension plus élevée qu’une personne qui n’a jamais ou peu travaillé.

La condition de travail effectif est allégée pour les travailleurs qui ont connu des périodes d’invalidité. Les journées de congé de maternité, pour allaitement ou pour soins palliatifs seront par ailleurs considérées comme du travail effectif.

L’idée-phare de la réforme est la valorisation du travail. Un bonus de pension est ainsi introduit pour inciter les travailleurs à ne pas prendre de retraite anticipée. Le montant reste à préciser mais il oscillera entre 300 et 500 euros nets par année supplémentaire pour les personnes qui continuent à travailler trois ans au maximum après la date de retraite anticipée.

L’accord contient également de belles avancées pour les indépendants. “Ces nouvelles mesures s’ajoutent à celles déjà prises en leur faveur”, explique le ministre des Indépendants David Clarinval. “Ils pourront par exemple toucher le bonus pension. On accordera aussi plus de droits aux conjoints-aidants”.

Cette réforme se veut également favorables aux femmes qui ont arrêté de travailler pour s’occuper de leurs enfants. Toute personne ayant travaillé à temps partiel avant 2001 (soit l’année d’introduction du crédit-temps avec allocations), aura droit à des conditions de durée de travail plus basses pour obtenir la pension minimum. Elles pourront n’afficher que 208 et non 250 jours de travail effectif.

Le MR reste cependant sur sa faim car, même si l’accord est important, il ne garantit pas la soutenabilité du système sur le long terme. « Cette réforme des retraites ne va certainement pas assez loin si l’on veut garantir le financement de notre modèle mais elle constitue un pas important dans la bonne direction avec une plus grande valorisation de l’effort : 20 ans de travail effectif pour la pension minimale », déclare le président du MR Georges-Louis Bouchez.