Georges-Louis Bouchez a plaidé, chez Voka Vlaams-Brabant à Louvain, pour un changement de cap économique assumé. Devant un public de CEO, le président du MR a exposé avec conviction sa vision : relancer la croissance, réduire les dépenses publiques, baisser les impôts et repenser en profondeur l’État avec l’aide de la technologie et de l’intelligence artificielle.
Selon M. Bouchez, le débat budgétaire ne peut se limiter à la recherche de 10 milliards d’euros. « Vous pouvez lever 10 milliards d’impôts supplémentaires et votre budget semble équilibré, alors que les impôts font plonger votre consommation et votre économie. Cinq ans plus tard, vous avez à nouveau un déficit de 20 milliards », a-t-il déclaré. À ses yeux, la croissance économique est au moins aussi cruciale que les économies. « Un demi-point de croissance supplémentaire rapporterait 1,5 milliard d’euros de recettes publiques. Un point couvrirait donc déjà 30% de l’effort. »
Bouchez veut entraîner la population dans un projet enthousiasmant pour les cinquante prochaines années. « Les gens sont prêts à consentir certains efforts, mais à une condition : savoir pourquoi. »
TVA
Comme on le sait, le président du MR s’oppose à une hausse de la TVA. Celle-ci freinerait la consommation intérieure et donc aussi la croissance. Il a évoqué les nombreux Belges qui effectuent leurs achats de l’autre côté de la frontière : « Un paquet de cigarettes coûte par exemple 12 euros en Belgique et 6 euros au Luxembourg. Les gens n’arrêtent pas de fumer, ils achètent simplement au Luxembourg. »
Pour M. Bouchez, le problème réside dans la forte hausse des dépenses. Depuis 2000, les recettes publiques belges sont restées proches de la moitié du PIB, tandis que les dépenses sont passées de 49,5% à près de 56%. La Belgique dépense chaque année 348 milliards d’euros, tous niveaux de pouvoir confondus. « Économiser 10 milliards, c’est 3% des dépenses. Si un conseil d’administration vous demande de réduire vos coûts de 3%, vous ouvrez le champagne en rentrant chez vous. »
Subsides
Bouchez a également cité les Pays-Bas, qui fonctionnent sans problème avec un niveau de dépenses publiques de 45% du PIB. « Si la Belgique fonctionnait comme les Pays-Bas, nous dépenserions 60 milliards d’euros de moins chaque année. » Il a plaidé pour moins de fragmentation, une refédéralisation de certaines compétences et un examen approfondi des subsides et des structures administratives.
Selon le président du MR, les administrations doivent changer radicalement. « Nous avons aujourd’hui quatre fois plus de fonctionnaires que dans les années 1960, à l’ère de l’informatique et de l’intelligence artificielle. » La technologie doit simplifier les processus et rendre l’État plus productif, afin que les fonctionnaires puissent travailler plus efficacement et offrir de meilleurs services.
Des morceaux de l’État
Il a aussi appelé à un changement de mentalité dans la manière dont nous considérons l’argent public. « L’État n’existe pas. L’État est une fiction : vous, moi, nous sommes tous de petits morceaux de l’État. » L’argent public n’est ni abstrait ni magique : il s’agit de l’argent du contribuable. « Si nous apprenons aux enfants qu’ils font eux-mêmes partie de l’État, nous gérerons très différemment l’argent public », a ajouté M. Bouchez.
Son message central aux entrepreneurs flamands ne change donc pas : la Belgique doit choisir la croissance, les investissements et la compétitivité. « Soit nous menons des réformes qui nous permettent de concurrencer la Chine et les États-Unis, soit nous continuons comme avant. Dans ce cas, je crains le pire pour les dix prochaines années. »
Après son intervention, Georges-Louis Bouchez est encore resté plus de deux heures à échanger avec les chefs d’entreprise présents.
