Plus de 1.800 personnes se sont rassemblées ce dimanche 6 septembre au pieds de la Butte du Lion pour les Estivales du MR. Un congrès de rentrée placé sous le signe de l’enthousiasme, de la responsabilité et de l’ambition, au cours duquel le président du MR, Georges-Louis Bouchez, a fixé le cap des prochains mois.
Croissance économique, baisse de la fiscalité, sécurité, immigration illégale, enseignement, responsabilité individuelle : dans un discours revigorant Georges-Louis Bouchez a appelé à rompre avec le fatalisme et avec une politique faite de « petits compromis ». La Belgique ne se redressera pas en reproduisant les recettes du passé, mais en assumant des réformes profondes et de véritables choix.
À l’heure où s’ouvrent des semaines décisives pour les différents gouvernements, le président du MR appelle les libéraux à rester mobilisés et à défendre un projet fondé sur la liberté, la responsabilité et le progrès.
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Retrouvez ci-dessous l’intégralité de son discours prononcé lors des Estivales du Mouvement Réformateur :
Discours du président du MR Georges-Louis Bouchez, 6 septembre 2026
Merci beaucoup pour cet accueil manifestement enfumé, mais de qualité. Merci pour cette chaleur. Merci pour votre présence. Vous êtes plus de 1800 aujourd’hui à nous rejoindre sur ce lieu magnifique. C’était également un grand plaisir d’accueillir Dilan Yeşilgöz, merci à elle pour ce discours puissant et libéral à propos de la responsabilité.
Je veux d’abord revenir sur le choix du lien de ces Estivales. J’ai vu sur Internet, où il y a des commentaires qui vont dans tous les sens, que l’on se réunissait sur un lieu de défaite. Bon, déjà c’est bête, parce que s’il y en a un qui a perdu, c’est qu’il y en a un autre qui a gagné. C’est le principe d’une bataille. La 2e chose est plus fondamentale : je crois que ça dénote un vrai problème de mentalité. Parce qu’en fait, gagner ou perdre, c’est pas très grave, ça fait partie de la vie. Ce qui compte, c’est de marquer durablement son époque avec des réformes qui structurent et qui améliorent le bien commun pour les années futures. Et en cela, quand on voit l’héritage de Napoléon deux siècles plus tard, je pense qu’on doit pouvoir se dire que dans quelques années, les gens se diront qu’on a fait des réformes qui ont amélioré l’avenir de la Belgique. Et donc en cela je voudrais dire à nos contempteurs que je n’ai aucun problème à revendiquer un tel héritage parce que ce qui compte, ce n’est pas d’être populaire de temps en temps. Ce qui compte, ce n’est pas de se dire qu’on a gagné à l’applaudimètre. Ce qui compte à la fin du chemin, c’est de se dire qu’on a fait quelque chose d’utile pour son pays et c’est ça que le Mouvement Réformateur vous invite à faire.
Aujourd’hui, c’est quoi faire quelque chose de positif pour son pays ? C’est rebâtir trois choses qui ont progressivement été détruites par des petites lâchetés, par du clientélisme, par de l’électoralisme. La première chose qu’on doit rebâtir, c’est la croissance économique. Pour ceux qui ont un peu plus d’expérience, vous vous rappelez qu’il y a une vingtaine d’années, les politiques parlaient encore de croissance. Depuis lors, plus personne n’en parle. On a le sentiment que la richesse que nous avons, que nous partageons, parce que je rappelle que la Belgique est un des pays au monde avec le plus haut niveau de richesse partagée, c’est comme si elle tombait du ciel. Ça fait 15 ans au moins qu’on n’a plus de croissance. Ça fait 15 ans au moins qu’on ne travaille plus à en recréer. Notre système social ne peut pas fonctionner avec si peu de croissance, c’est mathématique, c’est une réalité. Alors cette croissance, bien sûr, elle ne se décrète pas. Mais on peut créer les conditions de son développement.
Comment ? Tout d’abord en diminuant la réglementation, en dérégulant. On a trop de règles. Vous vous rendez compte que l’Union européenne était ce continent qui a bâti Airbus, qui a bâti Ariane ? Et qu’elle passe son temps aujourd’hui à légiférer sur le diamètre des bananes, à travailler sur le bouchon qui est accroché à la bouteille et vous empêche une fois sur deux de boire à cette bouteille ? Pourquoi, avec l’ensemble des moyens publics que nous dépensons, perdons-nous notre temps à ce genre de chose ? C’est ce besoin de chaque politique de créer un texte. Mais je le dis, je le dis en particulier aux ministres MR, aujourd’hui, le ministre le plus utile, c’est celui qui supprime des textes, c’est celui qui fusionne, c’est celui qui rationalise parce que c’est la condition pour libérer, les énergies. Voici un exemple très concret. En Wallonie, nous avons supprimé le brevet de gestion avant de pouvoir lancer son entreprise. Résultat : au premier semestre 202, il y a 18% de création d’entreprises en plus. Donc oui, la dérégulation ça fonctionne.
L’autre condition, c’est bien évidemment la baisse d’impôts. La presse m’a déjà très gentiment interrogé là-dessus à mon arrivée. Ils m’ont dit : « mais Monsieur Boucher, vous devez quand même accepter des impôts parce que les autres en veulent ». C’est déjà limite comme argument. Moi, je leur ai dit que ce n’est pas une question d’idéologie. Ce n’est pas un tabou pour moi. C’est juste qu’à un moment donné, il faut regarder la réalité telle qu’elle est. Nous sommes un des pays dans le monde qui taxe le plus. Y-compris le capital. Je tiens quand même à informer nos amis que le capital aujourd’hui en Belgique est taxé à hauteur de 25 milliards d’euros, ce qui nous place dans le Top 3 européen. C’est vrai, ça n’est pas taxé à 50% et tout ce qui n’est pas taxé à 50% n’est pas taxé pour la gauche. Mais fondamentalement, est-ce que vous croyez alors que nous avons un des plus hauts niveaux de fiscalité au monde et dans le même temps le plus grand déficit de la zone euro que la solution est d’augmenter l’impôt ? Il y a quand même quelque chose qui est complètement fou, ça fait 30 ans qu’on augmente l’impôt, on a le plus haut déficit de l’Union européenne et certains disent, mais j’ai une idée : on va augmenter l’impôt. On dit que les ânes ne butent pas deux fois sur la même pierre. Et je n’irai pas plus loin. Mais très franchement, qui peut croire que ce sont les mêmes recettes qui nous ont conduits dans cette situation qui vont apporter la solution. Qui peut croire qu’en augmentant la fiscalité sur les entreprises, sur le capital, sur les investissements, nous allons attirer des investisseurs. Comment voulez-vous relancer la croissance si des gens ne décident pas demain matin de venir mettre leur argent en Belgique pour créer des entreprises, pour lancer des start-up, pour financer de la recherche ? Qui peut croire qu’on va inciter plus de gens à travailler en augmentant leurs charges fiscales ? On taxe l’alcool pour que les gens arrêtent de boire. On taxe le tabac pour que les gens arrêtent de fumer. On taxe également les comportements polluants parce qu’on veut sauver la planète. Qu’est-ce qu’on espère en taxant le travail ? On a en tout cas obtenu le résultat qu’on voulait, c’est qu’il y a des gens qui ont arrêté de travailler. Alors si on veut relancer l’activité, si on veut relancer l’économie, il faut baisser l’impôt et là aussi ce n’est pas un vœu pieux. Quand la Wallonie a baissé de 12,5 à 3% les droits d’enregistrement, nous avons vu une augmentation des échanges immobiliers de 18%, 18% d’activité économique en plus parce que nous avons baissé l’impôt. Quelles preuves dois-je encore apporter ? Alors ils vous disent : « mais on fera peut-être pas le capital, on fera peut-être pas le travail, mais on va faire la TVA ». Ça, c’est une idée de génie, hein ? Dans une période économique où on a 4% d’inflation, rajouter un point de TVA, ça va relancer la consommation, c’est une certitude. Est-ce que je suis le seul à habiter près de la frontière française ? Est-ce que certains d’entre vous n’habitent pas près de la frontière avec le Grand Duché du Luxembourg ? On nous a dit : « on va augmenter les accès sur le tabac, comme ça les gens fumeront moins ». Ben non, ils vont juste acheter leurs cigarettes au Luxembourg. Evidemment, je connais l’argument. On va me dire que si nous sommes les champions de la fiscalité sur le travail et sur le podium de la fiscalité sur le capital, nous sommes effectivement aux alentours du top 15 en matière de fiscalité sur la consommation. J’ai des collègues qui manifestement, comme en football, ils veulent gagner le championnat, la Coupe et la Ligue des champions la même année. Est-ce que c’est sérieux de nous expliquer que l’on voudrait finalement aller chercher vraiment le top européen en termes de fiscalité sur la consommation. N’oublions pas un autre élément. C’est qu’aujourd’hui la TVA est plus faible aux Pays-Bas, en Allemagne, au Grand-Duché de Luxembourg et en France qu’en Belgique. Alors oui, elle est certainement plus élevée qu’au Danemark mais. Je ne pense pas que beaucoup de gens parmi vous vont acheter leurs bouteilles d’eau au Danemark. Je ne pense pas que beaucoup de gens parmi vous vont faire leurs courses en Norvège. Alors oui, on doit aussi regarder la compétitivité de nos entreprises dans le secteur de la grande distribution en Belgique. Refuser la TVA aujourd’hui, ce n’est pas mettre une bombe en dessous du gouvernement. Et d’ailleurs, j’invite vraiment nos amis journalistes à arrêter de voir les positions politiques comme uniquement des bagarres de positionnement. Une bagarre politique, une bataille politique, c’est de défendre des objectifs et un idéal. Et une position politique est toujours légitime tant qu’elle s’appuie sur des faits. Les faits aujourd’hui, c’est que nous avons plusieurs milliards chaque année de consommation des belges qui se font à l’étranger. Les faits aujourd’hui, c’est que l’État dépense 348 milliards d’euros chaque année. Et je suis certain que si je fais un tour parmi vous, vous trouverez que les routes sont pas en bon état, que la justice n’est pas assez rapide… Les tests PISA dans quelques jours vous montreront à quel point à l’école est efficace. Alors on peut quand même se poser une question. On dépense déjà tellement. Est-ce que rajouter de l’argent va régler le problème ? Je ne crois pas. Le problème aujourd’hui de l’État belge, c’est comme si vous aviez un moteur qui consomme trop d’huile. Vous allez rajouter de l’huile de plus en plus alors en vous disant que ça va aller. Sauf que ça va consommer de plus en plus d’huile. Et à la fin, on noie le moteur. Aujourd’hui, le problème, il est simple. Soit on ouvre le moteur et on revoit l’ensemble de son fonctionnement. Soit on continue à remettre de l’huile jusqu’au jour où on sera sur le bord de l’autoroute. Parce que la dépense publique, mesdames et Messieurs, je n’ai pas peur de le dire, c’est la drogue de la gauche. Ils en rajoutent encore parce qu’il faut toujours plus de doses. Ils ont toujours besoin de plus pour se sentir mieux. Sauf qu’à la fin, il n’y a qu’un résultat, c’est la mort. C’est exactement ce à quoi notre État est confronté aujourd’hui. Alors Mesdames et Messieurs, refuser l’impôt, ce n’est pas un positionnement politique, c’est une nécessité pour notre pays, c’est une nécessité pour nos enfants. C’est une nécessité si nous voulons tenir nos engagements de campagne qui était de récompenser le travail, de relancer l’activité économique et de récompenser les femmes et les hommes qui prennent des risques dans ce pays.
La 3e condition pour relancer la croissance, c’est de renforcer la formation, c’est de mieux orienter les élèves. Savez-vous que chaque année, 10 millions de jeunes sont diplômés comme ingénieurs en Chine. Je ne veux pas faire de classification des études, mais c’est la science qui va résoudre nos problèmes. C’est la science qui permet le progrès et le développement humain. Alors plus que jamais, nous avons besoin de favoriser l’enseignement technique, l’enseignement professionnel, de diriger les élèves vers des qualifications de ce type, vers les études d’ingénieur. Nous en avons besoin pour notre industrie , pour notre prospérité, mais aussi pour répondre aux défis climatiques. Parce que j’en entends certains qui nous disent qu’il y a d’autres solutions. Lesquelles ? La décroissance ? Vous trouvez que si demain nous diminuons notre production de richesse, nous arriverons à payer nos pensions qui vont coûter 18 milliards de plus d’ici la fin du gouvernement. Est-ce que vous pensez qu’on va augmenter le pouvoir d’achat en baissant notre niveau de richesse ? Est-ce que vous estimez que l’’Europe à elle seule, qui représente 6% des émissions de CO2, doit absolument tuer son industrie ? Alors, Mesdames et Messieurs, je vais vous le dire et je l’assume, le parti qui prend le plus sérieusement en compte le défi climatique, c’est le Mouvement Réformateur, parce que quand Mathieu Bihet relance le nucléaire en Belgique, il permet d’économiser un million de tonnes de CO2. Quand Cécile Neven fait en sorte d’avoir un dispositif soutenable pour l’isolation, nous faisons plus pour sauver le climat que ceux qui font des cœurs avec les doigts et des manifestations. Parce que oui, Mesdames et Messieurs, il n’y a aucune association qui a fait baisser la température d’un degré. Mais il y a énormément d’ingénieurs, d’industries, de gens qui innovent, qui nous permettent aujourd’hui de garantir un niveau de vie élevé tout en prenant soin de la planète. Parce que, et retenez bien ce message, il n’y a aucun pays dans le monde qui n’est pas un pays libéral et capitaliste, qui prend plus soin de la planète. Il n’y a que les pays riches qui prennent en compte le recyclage des déchets. Il n’y a que les pays riches qui purifient leur eau, il n’y a que les pays riches qui investissent dans des productions qui diminuent les émissions CO2. Alors oui, Mesdames et Messieurs, la solution pour sauver le climat, c’est investir, c’est créer de la croissance et c’est surtout investir dans l’intelligence, la recherche et l’innovation. alors, Mesdames et Messieurs, je vous demande vraiment d’applaudir très fort ces milliers d’hommes et de femmes qui, chaque jour travaillent en tant qu’ingénieurs, en tant que techniciens, dans tous ces domaines qui permettent à l’Europe d’être un continent en pointe sur l’innovation, le progrès et la technologie.
Si on doit rebâtir la croissance, on doit aussi rebâtir la sécurité. Parce que c’est une condition essentielle de la confiance. La sécurité aujourd’hui est un chantier majeur pour le Mouvement Réformateur. C’est une priorité absolue. On peut plus accepter ces tirs de kalachnikov dans Bruxelles. Si certains bourgmestre, pour des raisons électorales, ont considéré qu’on pouvait abandonner certains quartiers parce que c’était plus simple, je tiens à leur dire qu’avec le Mouvement Réformateur, il n’y aura aucune zone de non-droit dans ce pays. Pas plus au Peterbos qu’à la place Bethléem ou dans n’importe quelle rue de Charleroi ou de Liège. Mais il ne suffit pas de le déclamer. Il faut s’en donner les moyens. Et aujourd’hui, il faut oser citer les causes de ce problème. Nous avons bien évidemment la consommation de drogue. Avec des consommateurs qui, je le répète, doivent être criminalisés. Il est pas question de se dire que quand on est consommateur, c’est pas grave. Les consommateurs ont du sang sur les mains. Je l’ai déjà indiqué et je le réaffirme. Mais nous avons également un autre problème dans ce pays, c’est l’immigration illégale. L’immigration illégale aujourd’hui est un des plus grands fournisseurs de main d’œuvre pour les organisations criminelles. Alors qu’on s’entende bien, parce que j’entends déjà les procès en fascisme, en extrémisme, ce qui fait monter aujourd’hui l’extrême droite et tous les populistes, c’est parce que les démocrates ont abandonné la réalité. Les démocrates n’osent pas aborder les vrais sujets. Oui, l’immigration peut être une chance. Mais alors elle doit être choisie, l’immigration doit donner lieu à une intégration qui permet de se mettre au travail, qui permet de contribuer au pays dans lequel on est reçu. L’immigration illégale, c’est une impasse, et pour les migrants et pour le pays qui accueille. Et aujourd’hui, Mesdames et Messieurs, les chiffres ne mentent pas. 31% des détenus dans nos prisons sont en situation illégale. Entre 80 et 90% des arrestations autour du trafic de drogue concernent des personnes qui sont en situation irrégulière. Ce n’est pas stigmatiser. C’est juste citer un problème. Pour résoudre ce problème, il faut renvoyer, renvoyer beaucoup plus vite, beaucoup plus fort et à ce titre, le Mouvement Réformateur lance un appel à la ministre de la justice à mettre enfin en œuvre, ainsi qu’avec sa collègue en charge de l’immigration, les processus qui permettent d’écarter les personnes en situation illégale qui, par ailleurs, se sont rendues coupables d’illégalité. Parce que oui, la Belgique est une terre d’accueil et doit le rester. Je pense que le témoignage de Dilan était le meilleur exemple que l’on puisse donner. Oui, la Belgique est une terre multiculturelle et nous allons continuer de brasser les cultures. Nous allons continuer d’avoir des gens qui viennent d’horizons différents parce que ça favorise l’échange, la créativité. Mais nous n’aurons plus aucune tolérance ni fatalisme face à celles et ceux qui viennent dans notre pays pour ne pas le respecter. Car oui, quand on vient en Belgique, il faut respecter la chance que l’on a de vivre dans un pays libéral, de vivre dans un pays qui offre l’égalité des chances, de vivre dans un pays qui lutte contre les discriminations, de vivre dans un pays qui permet à chacune et chacun de pouvoir espérer un avenir meilleur que celui de ses parents. Alors, Mesdames et Messieurs, vraiment, je vous demanderai sur ce sujet d’être fort, d’être mobilisé, parce que ceux qui veulent cacher leurs échecs n’hésiteront pas à nous caricaturer, à nous insulter. Mais les solutions existent. La preuve, c’est que la Belgique aujourd’hui a le double de détenus étrangers dans ces prisons que la moyenne européenne. Donc oui, nous pouvons faire mieux. Nous le devons. Nous le devons à ces milliers de personnes qui sont venues honnêtement, légalement dans notre pays pour le faire fructifier. Nous le devons à l’ensemble de nos concitoyens et nous le devons surtout à nos enfants pour qu’ils puissent vivre dans un pays sûr, dans un pays en sécurité, dans un pays où chacune et chacun est respectée pour ce qu’il est.
La 3e chose que nous devons rebâtir, de manière essentielle, c’est la confiance. Il faut arrêter ce misérabilisme. Je sais pas vous, mais à chaque fois que la gauche est dans l’opposition, on a le sentiment que la terre va s’arrêter de tourner. C’était la même chose à l’époque de Jean Gol, c’était la même chose à l’époque de la Suédoise, c’est à nouveau identique. Chaque décision que nous prenons, c’est le pire recul social des 50 dernières années. Chaque décision que nous prenons, c’est un bain de sang social. Chaque décision que nous prenons est un passage en force. Mais la gestion publique, ça demande des décisions courageuses. Ca demande de quitter le ronron, vous savez, cette façon de faire de la politique où on préfère ne rien changer parce que c’est plus confortable. Parce qu’il faut aussi être honnête : nos concitoyens veulent le changement. Mais peu de gens veulent des réformes. Je pense que quand on est une femme ou un homme politique, on doit assumer ces réformes. Et aujourd’hui, ma plus grande crainte, ce n’est pas que nos réformes soient mal accueillies, c’est qu’on n’en fasse pas assez, c’est qu’on retourne dans le schéma traditionnel. Vous savez par exemple, quand on a un exercice budgétaire, le schéma de la râpe à fromage :faut un peu couper là, puis un peu couper là et on me dit « mais George Louis faut faire des compromis ». Mais est-ce que les gens attendent de nous le sens des compromis ? Moi, je crois que les gens attendent de nous le sens de l’État. Et le sens de l’État, ce n’est pas de faire des petits compromis à la petite semaine pour essayer de sauver la face, pour se dire qu’on a un bilan comptable. Le vrai courage, le vrai sens de l’État, c’est d’avoir un projet enthousiasmant pour nos concitoyens. C’est de faire des réformes, c’est de donner une direction. Effectivement, on a diminué certains budgets, mais pourquoi ? Parce que ces budgets ne donnaient pas satisfaction. Exemple concret à Bruxelles. On nous a dit « vous coupez des budgets dans des associations de quartier, des associations qui font de la prévention ». Ces associations ont vu leur budget augmenter pendant 40 ans, vous avez vu le résultat ? Là aussi, j’en reviens aux ânes. Est-ce qu’on doit recommencer à faire la même chose où est-ce qu’on doit se dire qu’il faut peut-être changer la politique, changer l’endroit où on dépense cet argent ? Changer l’évaluation de ses moyens ? Changer surtout la philosophie qui se cache derrière nos décisions. C’est la même chose en matière budgétaire qu’en matière économique, qu’en matière de sécurité, qu’en matière de gestion culturelle, sportive. On doit avoir une rupture. Avec la manière dont nous avons géré ce pays ces 50 dernières années. On doit être capable de repartir d’une feuille blanche. Et qu’on s’entende bien, Mesdames et Messieurs. Je n’ai pas d’ennemis. Je n’ai aucun ennemi. Et si ça peut vous rassurer, contrairement au Premier ministre, je dors bien. Parce que je pense que la route est dégagée. Aujourd’hui finalement, on a un seul adversaire. Cet adversaire, c’est le fatalisme dont je parlais. C’est cette idée selon laquelle on pourra jamais rien faire de mieux, que les défis face à nous sont trop grands. Mais de quoi parlons-nous ? Nous sommes l’époque dans l’histoire de l’humanité avec le plus haut niveau de développement. On n’a jamais eu un tel niveau de richesse partagée, on n’a jamais eu une telle espérance de vie, on n’a jamais eu un niveau d’éducation aussi important. Et oui, on a un défi, on en a plusieurs, le défi climatique, les enjeux de sécurité sur le plan géostratégique. Nous avons également des défis sur le plan budgétaire, on en a parlé. Mais avec tous les outils que nous avons, si vous comparez ça aux défis des générations précédentes, croyez-moi, on va y arriver. Mais pour ça, faut qu’on accepte de quitter notre confort, d’accepter qu’on va devoir travailler plus, que ce n’est pas avec des semaines de 4 jours qu’on va relancer l’Europe, mais que c’est en refaisant plus d’efforts, de l’effort récompensé quand on défiscalise les heures supplémentaires. Pas en ayant des idées hyper originales de donner de plus en plus d’argent gratuit venant de l’État. On va s’en sortir, mais certainement pas en déresponsabilisant les gens. On va pouvoir relever ce défi, parce que, Mesdames et Messieurs, il y a une réalité fondamentale pour un libéral, c’est que l’État n’existe pas. L’État, ce n’est pas quelqu’un de différent de vous, ce n’est pas quelqu’un d’extérieur à vous. L’état, c’est vous, c’est moi, c’est les gens qui vont nous regarder sur les réseaux sociaux, c’est l’ensemble de la population. Alors ce défi n’est pas celui de quelques politiques. C’est le défi de l’ensemble de nos concitoyens. Nous devons les embarquer avec nous pour faire en sorte que demain, en Belgique, on retrouve le sens de la responsabilité mais aussi les bénéfices de cette responsabilité. Parce que cette responsabilité, c’est elle qui crée le bien-être, c’est elle qui crée le bonheur. C’est elle qui crée le projet et plus que jamais, nous sommes le parti de la responsabilité, de la liberté et du progrès.
Alors Mesdames et Messieurs, je serai pas plus long. Je voudrais juste vous dire ceci. Le choix auquel nous faisons face est très simple. Soit on fait comme d’habitude (un petit peu de râpe à fromage, un peu d’arrangements, un peu de compromis), soit nous arrivons à convaincre qu’il faut une vraie rupture, un vrai changement, qu’il faut se donner des perspectives comme l’ont fait d’autres pays avant nous, la Suède dans les années nonante par exemple, les Pays-Bas au début des années 2000. Oser faire de vrais choix. Oser donner et rendre ce souffle à la Belgique. Et je vous le dis parce qu’on est entre amis aujourd’hui, le choix que j’ai posé est très clair. Et le Mouvement Réformateur ne pourra s’inscrire que dans une logique où il y a un vrai projet pour la croissance, que nous déposerons d’ailleurs à la table du gouvernement dans les prochains jours, un vrai projet global pour la sécurité que nous déposerons également au gouvernement dans les prochains jours et qui contient de multiples mesures, dont la présence des militaires en rue. Est-ce que nous aurons aussi le courage de poursuivre les réformes avec Valérie Glatigny pour faire en sorte que notre enseignement soit meilleur, ue les compétences de base soient acquises, que chaque enfant puisse prendre son destin en main. Je vous invite, Mesdames et Messieurs, à quelque chose de plus grand et plus fort que lors de la campagne électorale, parce qu’on va devoir résister aux pressions. Je lis déjà les éditos de la presse selon lesquels le MR serait saboteur, parce que nous sommes les seuls à penser différemment. Le problème viendrait de nous. Mais dites-vous bien qu’on peut parfois penser quelque chose tout seul et avoir raison. Ce n’est pas de l’arrogance que de le croire. C’est simplement la force des convictions, c’est la capacité à penser un monde qui n’existe pas encore. Et dites-vous bien une chose : toutes celles et tous ceux qui ont changé le cours des choses se sont souvent retrouvés seuls contre tous. Alors dans les prochaines semaines et dans les prochains mois, vous devrez être très fort parce que vos oreilles vont siffler. Mais ce n’est pas grave. Parce que le projet que nous défendons est un projet indispensable pour la Belgique. C’est un projet avec lequel nous allons convaincre un à un nos partenaires, c’est un projet avec lequel nous allons aller dans toutes les communes, expliquer à nos concitoyens. C’est un projet avec lequel nous allons répondre avec des arguments face à chaque argument de nos opposants. Parce que oui, Mesdames et Messieurs, nous nous distinguerons toujours de ceux qui nous insultent car nous n’utiliserons jamais l’anathème mais toujours la force de l’argument, nous utiliserons jamais l’insulte, mais toujours la démonstration intellectuelle et rationnelle.
Mesdames et Messieurs, pour cette rentrée, soyez reboostés parce qu’on va avoir besoin de beaucoup d’énergie. Soyez optimistes parce qu’on vit dans un pays formidable, parce que l’Union européenne est la plus belle création politique de l’histoire contemporaine. Soyez enthousiastes parce que les jeunes ont beaucoup plus envie de prendre leur destin en main que la morosité que l’on peut voir parfois dans les médias. Soyez tournés vers l’avenir du côté de Braine l’Alleud ou de Waterloo, mais regardez ce fier lion, et soyez fiers d’être des libéraux !
