Georges-Louis Bouchez a répondu aux questions du mouvement B Plus, engagé pour une Belgique fédérale et efficace. Parmi les thèmes abordés, la réforme de l’Etat de 2024, l’importance des langues et l’image de notre pays.

Pour Georges-Louis Bouchez, la philosophie générale de B Plus est proche de la ligne institutionnelle du MR. Il se dit d’ailleurs prêt à signer le Pacte pour la Belgique proposé par ce mouvement. Le MR est par exemple favorable à une circonscription électorale unique au niveau fédéral. « J’estime même que le Premier ministre devrait être élu au sein de cette circonscription fédérale », déclare Georges-Louis Bouchez, selon qui cela rendrait le scrutin dans cette circonscription plus palpitant.

Le président du MR évoque aussi les atouts de la Belgique : sa qualité de vie, la marque forte que le pays représente à l’étranger, dans le milieu sportif, culturel ou scientifique. « Nous manquons de fierté », déplore Georges-Louis Bouchez. Le président libéral souligne également nos talents économiques, dans le secteur financier, la grande distribution, l’énergie, et regrette au passage que certains grands groupes belges soient passés sous bannière étrangère. « Pour moi, le manque d’un sentiment d’appartenance à notre pays dans la classe politique engendre l’absence de stratégies d’avenir », dit-il. « Aujourd’hui nos représentants peuvent faire des discours entiers sans même citer le nom du pays alors qu’en France, un groupe français doit rester un groupe français et donc on développe une stratégie à long terme ».

Le MR a lancé le projet Belgium 2030 : une réforme de l’ensemble de son programme avec une perspective à long terme pour le bicentenaire de la Belgique. Son objectif ? « Je souhaite qu’on retrouve des projets industriels, culturels et sportifs pour pousser à l’élite. Je souhaite également que du côté francophone, l’apprentissage du néerlandais soit obligatoire. Moi je suis le fruit de cette absence d’obligation et c’est pourquoi je ne veux pas que ça continue », déclare Georges-Louis Bouchez.

Ce n’est pas un hasard si le drapeau belge figure sur les masques du MR. « Un pays, cela se crée aussi via un récit national et aujourd’hui cela se traduirait par remettre le drapeau belge partout. Le décorum du pouvoir est un élément fondamental pour l’adhésion à un pays. Il faut vraiment développer une marque ». Georges-Louis Bouchez plaide également pour un renforcement des collaborations entre la RTBF et la VRT, qui n’en font pas assez pour créer du lien dans le pays : « Du côté francophone, on sait quasi au jour le jour ce qui se passe dans la campagne présidentielle française, mais on ne sait pas ce qu’il se passe en Flandre. C’est là que se trouve le problème ».

En matière de réforme de l’Etat, Georges-Louis Bouchez n’est pas favorable à une Belgique à quatre régions : « C’est une bêtise, ça ne va pas du tout simplifier la vie des Belges. Le seul intérêt, c’est que c’est plus facile encore à diviser par après. C’est encore une plus grande bêtise pour les francophones, parce que ça nous empêche de créer le lien entre Bruxelles et la Wallonie ». Pour le MR, une réforme de l’Etat n’est pas la priorité. Mais si elle advenait, il serait nécessaire de réfédéraliser certaines compétences, comme le climat ou la fiscalité. Il faudrait aussi étendre les compétences bicommunautaires pour favoriser les projets communs. Enfin, il faut créer une certaine hiérarchie des normes pour donner un pouvoir du dernier mot et une direction.

Une vision partagée de manière moins affirmée par l’Open-VLD. « Je suis convaincu que le clivage qui existe dans notre pays est un clivage gauche-droite et non pas celui des Flamands contre les Wallons », conclut Georges-Louis Bouchez. « 100% des défis à relever sont identiques : l’augmentation de notre taux d’emploi, les pensions, le climat, la mobilité »…

 

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