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La parole politique de plus en plus muselée

Analyse et interview de Catherine FONCK, Frédéric DAERDEN, Georges-Louis BOUCHEZ.

(article disponible sur www.lesoir.be – réservé aux abonnés)

Georges-Louis Bouchez – Extraits :

« Le MR est tellement attaqué par les autres partis qu’il est beau- coup plus compliqué d’émettre une réflexion,

« De façon globale, en politique, la liberté d’expression est très réduite. Dans tous les partis, il y a un manque de débat. Pour trois raisons. Une : la Belgique n’a jamais eu une grande tradition de débat public, avec des intellectuels ; ce sont toujours des débats de partis. Deux : le poids de la particratie. Trois : une divergence de vues est toujours considérée comme une querelle, une tension dans un parti ; on ne retient que ça au lieu de voir le fond du débat ; on vous traite de trublion. Tout cela explique le débat muselé. Les parlements, les conseils communaux sont donc devenus des chambres d’entérinement. Ces dernières années, ce ne sont pas toujours les plus courageux, les plus intelligents, ceux qui veulent changer les choses, qui ont été les plus récompensés. Pour changer les choses, il faut changer les règles, renforcer le rôle du citoyen. Par exemple par l’élection des ministres-présidents ou l’organisation de primaires dans les partis pour l’élaboration des listes. »

« A Mons (j’ai perdu mon poste d’échevin), et parfois en interne au MR, j’en ai payé le prix. Dans tous les partis, cela peut avoir des conséquences sur les nominations, les places sur les listes… mais je veux garder ma liberté. Quelqu’un qui émet une autre idée que le chef (bourgmestre, président…), avant que la décision ne soit prise, n’est pas déloyal mais fait son boulot. Après, il est normal qu’il y ait une discipline. »

« Plus on approche du pouvoir, plus il est compliqué d’admettre une expression libre. En politique, tout le monde veut faire croire qu’il a du pouvoir, mais le nombre de ceux qui en ont réellement est très restreint. »