Sans surprise, les deux libéraux se sont retrouvés sur une large série de dossiers. Bouchez, lui, a martelé ses priorités : réindustrialiser le pays, garantir une énergie abordable et faire reculer la pression fiscale.
Le président du MR dresse le diagnostic d’un État « devenu obèse », rappelant que « 55% de notre PIB, c’est de la dépense publique », avec une fiscalité qui étouffe à la fois le travail et l’investissement. Pour lui, la priorité c’est de faire reculer la dépense publique pour alléger fortement les charges qui pèsent sur les revenus moyens. Il rejette toute hausse de TVA et souligne que, dans un pays où beaucoup doivent vivre avec 1 600, 1 700 ou 2 000 euros par mois, quelques dizaines d’euros en moins à la fin du mois, ce n’est pas rien.
Il rejette aussi le discours de gauche sur les prétendus « super-riches » et «ultra-riches» qu’il faudrait davantage taxer. Selon lui, ce vocabulaire sert surtout de slogan creux, sans définition chiffrée sérieuse de ce qu’est la richesse. Dans « le pays le plus taxé au monde », toute nouvelle taxe finit, selon lui, par retomber sur les épaules de monsieur et madame Tout-le Monde, qu’il résume par le principe de « la masse, c’est la caisse ». « Au bout du compte, c’est toujours la classe moyenne qui paie la note, et le MR ne veut pas de cela », insiste Bouchez.
La réindustrialisation et une énergie bon marché constituent, à ses yeux, le cœur d’une stratégie économique crédible. Il met en garde contre le décrochage européen et rappelle qu’en 2000, 36 des 100 plus grandes entreprises mondiales étaient européennes, contre seulement 9 aujourd’hui. Il attribue une part de cette chute à un climatisme dogmatique qui aurait «détruit notre industrie sans sauver le climat », en externalisant simplement les émissions de CO₂ hors d’Europe. Défendant le nucléaire, Bouchez répète que son parti a permis d’éviter de justesse un scénario catastrophe : « Sans l’intervention du MR le 22 décembre 2021, la sortie du nucléaire aurait été gravée dans le marbre et, au moment où la guerre en Ukraine a éclaté, nous aurions été plongés dans une situation énergétique particulièrement critique.»
Pouvoir d’achat et liberté
Sur le climat, il oppose un libéralisme technologique à ce qu’il appelle une «religion écologique» : selon lui, la transition énergétique doit reposer sur la croissance, l’innovation et des « évidences scientifiques », sans mettre en danger le pouvoir d’achat ni la liberté des citoyens. Autrement dit, pas de nouvelle fiscalité verte qui rognerait encore davantage les revenus des ménages.
Après le débat, Bouchez est resté près de deux heures à échanger avec le public venu en nombre. Il a répondu aux questions, accepté les encouragements avec le sourire, posé pour de nombreuses photos avec des sympathisants flamands et est reparti avec plusieurs invitations à revenir très vite en Flandre occidentale.
