Georges-Louis Bouchez a développé son projet d’allocation universelle dans l’émission Déclic sur la Première. Pour lui, c’est un projet qui permet l’égalité des chances et l’autonomie des individus.

Interrogé par les journalistes Arnaud Ruyssen et Julie Morelle, les présidents du MR et de Défi ont débattu de l’allocation universelle. Un projet novateur, qui n’a encore été que rarement concrétisé à l’étranger, souvent dans le cadre d’expériences-pilotes. Ainsi, au Canada dans les années 70, le concept a été testé à l’échelle locale. Cela a permis de démontrer que l’allocation universelle ne démotivait pas les personnes qui voulaient travailler et que la durée des études avait tendance à augmenter.

Georges-Louis Bouchez réfléchit à ce projet depuis 2015. L’allocation universelle est actuellement mise en débat au sein du MR dans le cadre de Belgium 2030, une série de conférences-débats destinées à revitaliser le programme du MR.

« L’idée est simple dans son principe », rappelle Georges-Louis Bouchez. « C’est un montant de 1000 euros par mois qui remplace une série d’allocations (chômage, Revenu d’intégration sociale) et en maintient d’autres (ex : santé, handicap). Le premier but, c’est de pouvoir faire face à ses besoins primaires. Le second, c’est de lutter contre les pièges à l’emploi car aujourd’hui certains allocataires sociaux perdent de l’argent en commençant à travailler. Enfin, ça individualise les droits, alors que ça n’est pas possible dans le modèle actuel ».

Pour le président du MR, le monde change, et très vite. Ce revenu universel de base donne un coussin de sécurité.

Toute une série de questions budgétaires se posent, bien évidemment. Cela amuse Georges-Louis Bouchez qui constate que, dans le modèle actuel, on n’y pense jamais et le MR doit constamment le rappeler. « Mettons-nous d’abord d’accord sur le principe », demande le président du MR. « Quand on a créé la sécurité sociale, c’était aussi une utopie et sa mise en œuvre semblait impossible. Si on accepte de réfléchir, ça ne veut pas dire qu’on accepte mon modèle tel quel, mais cela ouvre le débat ».

Georges-Louis Bouchez précise que ce projet permettra de réaliser des économies puisque, par exemple, les aides à l’emploi seront supprimées. De plus, si le niveau d’études tend à augmenter, l’impact sera positif sur l’employabilité des jeunes.

« Ma conviction, c’est que c’est un projet qui concrétise l’égalité des chances, et en cela c’est profondément libéral », déclare Georges-Louis Bouchez. « Tout le monde n’a pas les mêmes chances au départ. Vivre toute votre vie avec des allocations sociales sans travailler, c’est déjà possible aujourd’hui si vous connaissez bien le système. Mais d’autres personnes qui font face à un accident de la vie ne savent pas comment être aidées. Pour ma part, je suis convaincu que personne ne naît avec le but de ne rien faire ».

Le MR n’est pas favorable à un renforcement des aides ciblées, car c’est la porte ouverte aux pièges à l’emploi. Cela entraîne des effets de seuil. En effet, ceux qui gagnent suffisamment pour bénéficier des aides restent coincés dans cette catégorie, et ceux qui gagnent un peu trop pour être aidés n’ont droit à rien. L’allocation universelle rétablit l’égalité.

Le président du MR assume le débat interne sur ce sujet. « Certains militants sont enthousiastes par rapport à l’autonomisation de l’individu, d’autres estiment qu’un contrôle reste nécessaire. Mais au-delà du MR, je pense que le débat ouvre la porte à un véritable bouleversement du paysage politique. Aujourd’hui notre sécurité sociale est un modèle assurantiel qui détermine notamment notre politique fiscale. Si on change de système, les dynamiques gauche-droite seront complètement modifiées et cela pourrait redessiner les partis », conclut Georges-Louis Bouchez

Revoir l’interview dans l’émission Déclic sur RTBF