Interview dans Sudinfo

Le secrétaire d’État MR Mathieu Michel a dit que les médias sociaux, comme le réseau Twitter, ne sont pas faits pour parler politique. Vous qui l’utilisez tous les jours, vous êtes d’accord ?

Je soutiens à 100 % la déclaration de Mathieu Michel. La manière dont cette phrase a été traitée, sortie d’une audition de 3 heures à la Chambre, est typiquement ce qu’est devenu l’espace médiatique aujourd’hui. Mathieu a expliqué que pour faire de la démocratie participative de qualité, il faut une autre plateforme pour encadrer les débats, faire du fact checking, etc. Il ne dit pas qu’il ne faut pas utiliser Twitter, il dit que la vraie démocratie participative de qualité, c’est autre chose que le déferlement permanent de violence et de haine. L’opinion qui se base sur une analyse scientifique y a la même valeur que la réflexion du café du commerce et parfois moins de chances d’être « likée ». Certains en font leur cœur de métier.

S’il y a des propos haineux, n’est-ce pas aux victimes de déposer plainte et à la justice de poursuivre leurs auteurs ?

Mathieu va présenter un texte pour lutter contre la haine et le harcèlement sur les réseaux sociaux, c’est une des priorités du MR. Il y a parfois des gens qui ont eu une fonction dans le monde médiatique et qui passent leurs journées à détourner les propos, à déformer la réalité. C’est d’ailleurs les mêmes qui critiquent Trump… C’est profondément violent et dangereux pour la démocratie. Cela fait monter le populisme. On est d’ailleurs à un moment décisif pour la démocratie. Crise sanitaire, crise économique, colère, théories complotistes… On a tout le cocktail explosif pour que les populistes arrivent au pouvoir. Ces extrémistes de droite et de gauche qui ont, dans l’histoire, des millions de morts sur la conscience, alors que personne n’a jamais été tué au nom du libéralisme ! Personne n’a à subir pareil déferlement de haine ! On peut avoir une confrontation d’idées assez dure, mais il faut respecter les personnes. Je soutiens d’ailleurs les ministres qui ont déposé plainte. Moi, je ne le fais pas, mais si je devais regarder tout ce qui me concerne sur les réseaux sociaux, j’aurais, chaque soir, de quoi occuper la justice pour une paire d’années !

Quel genre de sanctions peut-on attendre dans le texte de M. Michel et ne craignez-vous pas des classements sans suite en pagaille vu le nombre de plaintes potentielles ?

On ne pense pas forcément à un système qui aggraverait encore l’arriéré judiciaire. Plutôt à des obligations pour les opérateurs de fermer plus rapidement des comptes injurieux. On peut envisager toute une gamme de sanctions et d’interventions avant d’aller en justice.