Dans une interview au journal Le Soir, le président du MR réaffirme son attachement à la neutralité de l’Etat. Les signes convictionnels n’ont donc pas leur place dans l’administration.

Début mai, la STIB a été condamnée pour discrimination en raison de l’interdiction du port du voile. Cette décision a ravivé les revendications communautaristes, relayées principalement par Ecolo.

En matière de port de signes convictionnels religieux dans l’administration, la position du Mouvement Réformateur n’a jamais varié. Pour les Libéraux, l’autorité publique doit se caractériser par la neutralité de traitement des dossiers, mais aussi par la neutralité d’apparence vis-à-vis des administrés dans leur relation avec l’Etat : autrement dit le port de signes convictionnels ostentatoires ne peut être toléré dans la fonction publique. Les entreprises privées sont libres d’appliquer une autre politique, mais les services publics ont un devoir de neutralité dans l’exercice de leurs missions de service public et dans leurs rapports avec tous les citoyens. Cette volonté de neutralité traduit aussi une obligation d’égalité de traitement mais aussi de sentiment d’égalité de traitement face à l’administration. En outre, cette interdiction doit également concerner l’enseignement obligatoire, tant pour les élèves que pour les professeurs.

Pour le président du MR, les revendications d’Ecolo et des autres partis de gauche sont d’autant plus étonnantes que ces partis se sont battus pour déchristianiser la société, en changeant le nom des vacances scolaires, en retirant les crucifix des palais de justice et des écoles. Avec raison ! Mais pourquoi alors vouloir aujourd’hui laisser de la place aux signes ostentatoires d’une autre religion ?

Georges-Louis Bouchez s’inquiète d’une dérive électoraliste via la course au vote communautaire et d’une méconnaissance des enjeux, car le voile est utilisé par une minorité agissante comme un symbole de l’islamisme politique. Si Ecolo a clairement choisi son camp en la matière, l’attitude du PS est beaucoup plus ambigüe et mériterait d’être clarifiée. Quant à Défi, qui est associé au pouvoir à Bruxelles, il porte une lourde responsabilité et doit agir pour éviter que des accommodements raisonnables clivant encore davantage la société bruxelloise ne soient mis en œuvre.

Pour le MR, il importe de favoriser l’intégration, à travers le parcours d’intégration obligatoire mais aussi à travers une politique de la ville totalement repensée. Il faut agir via la politique de logement, l’urbanisme, pour favoriser la rencontre et l’échange entre les différentes communautés qui vivent à Bruxelles et qui, trop souvent, ne se mélangent pas. Le MR veut donc maintenant investir toute son énergie et ses forces vives pour porter un projet universaliste pour Bruxelles.

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